L’Iran et les Etats-Unis sont convenus de « poursuivre leurs négociations », a déclaré le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, à l’issue d’une première session de pourparlers à Oman, vendredi 6 février. « Dans une atmosphère très positive, nos idées ont été échangées et les points de vue de l’autre partie nous ont été présentés », a déclaré M. Araghtchi à la télévision d’Etat iranienne. « Les modalités et le calendrier » de la suite des discussions seront « décidés ultérieurement », a-t-il précisé ; « la marche à suivre dépendra de nos consultations avec nos capitales ».
L’Iran a par ailleurs dit espérer que les Etats-Unis éviteront toute « menace » pour que les pourparlers puissent continuer. Le périmètre même de ces discussions est source de tensions entre les deux pays, l’Iran affichant sa détermination à les circonscrire à son seul programme nucléaire malgré la menace d’une intervention militaire américaine susceptible d’ébranler l’ensemble du Moyen-Orient. M. Araghtchi a d’ailleurs affirmé que les discussions n’avaient porté que sur le volet nucléaire, alors que Washington demande que soient aussi abordés le soutien de l’Iran à divers groupes armés hostiles à Israël et son programme de missiles balistiques. « Nous n’abordons aucun autre sujet avec les Américains », a encore déclaré M. Araghtchi, selon l’agence de presse IRNA.
Ces pourparlers sont les premiers depuis les frappes sur des sites nucléaires iraniens menées en juin par les Etats-Unis lors de la « guerre de douze jours » déclenchée par une attaque israélienne contre l’Iran. Ils ont débuté alors que Donald Trump a déployé une force navale, qu’il a qualifiée d’« armada », dans la région, après la répression sanglante par le pouvoir iranien de la vaste mobilisation de début janvier.
« Des avancées possibles »
« Nous avons l’intention de nous réunir de nouveau en temps voulu, les résultats devant être examinés attentivement à Téhéran et à Washington », a déclaré le ministre des affaires étrangères omanais, Badr Al-Boussaïdi, précisant que les échanges avaient permis « d’identifier les domaines où des avancées sont possibles ». Selon les images de l’agence de presse omanaise, l’amiral Brad Cooper, chef du commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, était aussi présent lors des pourparlers.
Téhéran est « prêt à défendre la souveraineté et la sécurité nationale (…) contre toute exigence excessive ou toute tentative d’aventurisme » des Etats-Unis, avait averti M. Araghtchi, lors d’une rencontre préliminaire avec son homologue omanais, Badr Al-Boussaïdi. Ce dernier, qui a également reçu, séparément, l’émissaire du président américain pour le Moyen-Orient, Steve Witkoff, et le gendre de Donald Trump Jared Kushner, a qualifié les pourparlers de « cruciaux ».













