- Huit comédiens de doublage français avaient mis en demeure deux plateformes américaines qu’ils accusaient d’avoir cloné leurs voix.
- L’une d’elles, VoiceDub, a retiré les contenus concernés avec effet immédiat.
- Si l’avocat des artistes « se réjouit » de cette annonce, il regrette que « l’ensemble de leurs demandes n’ont pas encore été suivies d’effets ».
Ils ont remporté la première manche du bras de fer. Les huit doubleurs français qui accusaient deux sociétés américaines d’IA d’avoir reproduit leurs voix sans leur consentement ont en partie obtenu gain de cause. La plateforme VoiceDub a fait disparaître l’ensemble des contenus concernés par une mise en demeure demandant de retirer tous les « modèles de clonage exploitant (leur) voix »
sous huit jours, indique à l’AFP l’avocat des requérants, Me Jonathan Elkaim.
Il n’y a aucune intention de jeu, mais c’est complètement ma voix. Je trouve ça épouvantable, c’est un vol
Il n’y a aucune intention de jeu, mais c’est complètement ma voix. Je trouve ça épouvantable, c’est un vol
Céline Monsarrat, voix de Julia Roberts, sur TF1
Était particulièrement visée une fonctionnalité permettant, moyennant paiement, de faire lire un texte avec la voix d’une personnalité choisie dans un large catalogue. « C’est ma voix.
Alors le jeu, il n’y en a pas, tout est linéaire, il n’y a aucune intention de jeu, mais c’est complètement ma voix. Je trouve ça épouvantable, c’est un vol »
, témoignait dans le 13H de TF1 Céline Monsarrat, « voix entre autres de Julia Roberts »
. Dénonçant « des actes parasitaires »
, cette dernière, ainsi que Delphine Allemane, Philippe Ariotti, Adrien Antoine, Françoise Cadol, Richard Darbois, Brigitte Lecordier et Christophe Lemoine, avaient fait établir un constat d’huissier. Ils réclament 20.000 euros de dommages et intérêts.
Cette action témoigne des craintes persistantes des comédiens de doublage face aux menaces que l’IA fait peser sur leur métier. Le collectif #TouchePasMaVF a notamment été lancé l’an dernier, soutenu par une pétition déjà signée par près de 250.000 personnes.
« Nous nous réjouissons que les droits de mes clients soient enfin respectés mais l’ensemble de nos demandes n’ont pas encore été suivies d’effets »
, a commenté Me Elkaim, selon qui une « dizaine »
de voix et d’interprétations « illicites »
ont été supprimées par VoiceDub. Ils restent en revanche accessibles sur Fish Audio, l’autre plateforme visée par la mise en demeure.












