La poursuite du combat contre le groupe djihadiste Etat islamique (EI) est « une priorité absolue » pour Paris, a assuré le chef de la diplomatie française à l’issue d’un entretien avec son homologue syrien, jeudi 5 février, à Damas.
« Depuis dix ans, la France s’est battue, a combattu sans relâche et sans pitié, les terroristes de Daech [acronyme arabe de l’EI] en Irak comme en Syrie », a dit Jean-Noël Barrot, qui a entamé par Damas une tournée régionale. « Je suis venu réaffirmer cette priorité absolue de la France ».
Le chef de la diplomatie française est arrivé jeudi à Damas, première étape d’une tournée régionale au moment où la France doit repenser la lutte antidjihadiste et redoute un conflit entre les Etats-Unis et l’Iran. Jean-Noël Barrot doit se rendre dans l’après-midi en Irak, avant de se rendre vendredi au Liban, selon le ministère des affaires étrangères.
A Damas, le ministre français a été reçu par son homologue Assad Hassan Al-Chibani, qui l’a remercié pour la contribution de la France à la levée des sanctions contre la Syrie et le repositionnement de Damas sur la scène internationale. A quelques jours d’une réunion de la coalition occidentale antidjihadiste lundi à Ryad, en Arabie saoudite, il a abordé la manière d’empêcher la résurgence du groupe djihadiste Etat islamique (EI).
Sécurité régionale
Jusqu’à présent, les FDS étaient le principal partenaire opérationnel sur le terrain de cette coalition, mais elles ont dû se retirer de vastes pans du nord de la Syrie sous la pression militaire de Damas et s’intégrer au sein de l’armée syrienne.
Les Occidentaux doivent désormais composer avec les autorités syriennes avec lesquelles ils n’avaient aucune interaction par le passé, comme avec l’ancien djihadiste du président Ahmed Al-Charaa. Ce dernier, qui a renversé en décembre 2024 le dictateur Bachar Al-Assad, est déterminé à imposer son autorité sur l’ensemble de la Syrie.
Ce sujet sera aussi abordé jeudi avec le pouvoir central à Bagdad puis avec les autorités régionales kurdes irakiennes à Erbil. Paris martèle que la stabilité de la Syrie est un facteur incontournable de la sécurité régionale.
Préservation des droits des Kurdes
La question de l’intégration des minorités au nouveau paysage politique sera également au cœur des discussions. La France se pose en garant de la préservation des droits des Kurdes. Elle entend ainsi veiller au respect de l’accord annoncé la semaine dernière, visant à intégrer les institutions et les forces kurdes au sein de l’Etat syrien. Cet accord a anéanti les espoirs des Kurdes de conserver la zone autonome qu’ils avaient instaurée dans le nord et le nord-est de la Syrie au cours de la guerre civile qui a ravagé ce pays entre 2011 et 2024.
En Irak et au Liban, Jean-Noël Barrot apportera en outre « une forme de réassurance », détaille-t-on à Paris, à des pays qui comptent sur leur sol des groupes alliés à l’Iran : les milices chiites et le mouvement Hezbollah.
L’Iran et les Etats-Unis doivent avoir des discussions vendredi dans le sultanat d’Oman, alors que Donald Trump a positionné dans la région une force de frappe navale et militaire considérable pour maintenir la pression sur Téhéran. A Beyrouth, il sera question de la poursuite du désarmement du Hezbollah prévu dans l’accord de cessez-le-feu de fin 2024 conclu avec Israël.
Le ministre français évoquera la préparation de la conférence de soutien à l’armée libanaise et aux forces de sécurité intérieure, prévue pour le 5 mars à Paris, dont l’objectif est d’apporter aide financière et équipements pour les renforcer précisément dans leur mission de désarmement du mouvement.












