La baisse de la démographie scolaire en France nourrit maints commentaires et débats. Sans être fausses, les données sur lesquelles ils reposent doivent être mises en perspective. Faute de quoi, on raisonne avec un torticolis argumentatif, prétexte à une politique de suppression de postes dans l’enseignement public.
Effectivement, hormis l’année post-confinement, le nombre de naissances diminue depuis 2011. C’est la seule chose que mettent en avant les partisans à toutes occasions d’une réduction de l’emploi public. Mais si l’usage des données statistiques est honnête et rationnel, il ne peut pas évoquer les évolutions démographiques uniquement lorsque la tendance est à la baisse !
Car, de 1998 à 2010, la France a connu une importante vague démographique ascendante, dite du « babyboom de l’an 2000 », jusqu’à 832 799 nouveau-nés en 2010, selon l’Insee. Or, durant cette période de croissance du nombre de naissances, les politiques publiques ont limité au maximum la création de postes d’enseignants qui auraient été nécessaires à de bonnes conditions de scolarité.
Restrictions antérieures
Cette génération d’élèves a été sacrifiée à la logique de réduction des dépenses. Elle a souffert de la raréfaction des postes pour les réseaux d’aide aux élèves en difficulté. Et elle a perdu près de deux ans et demi d’heures de cours cumulées : réduction drastique de l’accueil des enfants de l’âge de 2 ans, suppression des samedis matin en primaire et d’heures d’enseignement des disciplines scolaires au collège. Cette génération a également été privée de la possibilité d’obtenir un brevet d’études professionnelles (BEP), graduellement dilué, jusqu’à être supprimé en 2021. Elle a subi la réforme des filières du lycée, instaurée en 2019, qui a dégradé les conditions d’études, ainsi que la mise en place de Parcoursup, en 2018, qui a endigué l’accès à l’enseignement supérieur. De telles politiques ont des conséquences importantes sur leurs niveaux d’acquisition.
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