L’est de Cuba, où se trouve Santiago de Cuba, la deuxième ville du pays, a été plongé dans le noir, mercredi 4 février soir, en raison d’une panne du réseau électrique. « A 20 h 54, une panne s’est produite dans la sous-station Holguin 220 kV, provoquant la déconnexion du réseau électrique dans la partie orientale du pays », a rapporté, sur X, l’entreprise publique Union Electrica de Cuba (UNE).
La compagnie a précisé que se trouvaient « sans courant, de façon partielle la province de Holguin, et en totalité les provinces de Granma, Santiago de Cuba et Guantanamo », sur les quinze que compte le pays.
« Il n’y avait plus d’électricité depuis 5 heures de l’après-midi » en raison des délestages, a rapporté par téléphone à l’Agence France-Presse (AFP) Isabel, 28 ans, une habitante de Santiago de Cuba, ville de 400 000 habitants. « Comme il n’y a jamais de courant, je ne savais même pas que c’était général » dans l’est du pays, a ajouté cette mère de famille qui n’a souhaité donner que son prénom. « Nous avons de la connexion [Internet], mais tout est noir, comme toujours ici », a-t-elle déploré.
Crise énergétique aggravée par la situation internationale
Cuba, sous embargo américain, souffre régulièrement depuis deux ans de coupures géantes de courant. Ce pays de 9,6 millions d’habitants a connu cinq coupures générales depuis la fin de 2024, certaines ayant duré plusieurs jours.
La population subit aussi de très longs délestages quotidiens, qui se sont aggravés depuis la chute, au début de janvier, du président vénézuélien, Nicolas Maduro, un allié de La Havane, et la fin des envois de pétrole de Caracas à destination de l’île.
La situation pourrait encore empirer après la décision du président américain, Donald Trump, de signer un décret, disposant que les Etats-Unis pourraient frapper de droits de douane les pays vendant du pétrole à La Havane. Pour justifier cette politique de pression, Washington invoque une « menace exceptionnelle » que ferait peser Cuba, île caribéenne située à seulement 150 km des côtes de la Floride, sur la sécurité nationale américaine.
Lundi, Donald Trump a assuré que le Mexique, qui fournit Cuba en pétrole depuis 2023, allait cesser de le faire. La veille, la présidente mexicaine, Claudia Sheinbaum, avait annoncé son intention d’envoyer de l’aide humanitaire à l’île et avait dit travailler à un moyen de continuer à lui envoyer des hydrocarbures.
Le chef de l’ONU « extrêmement préoccupé »
Le secrétaire général des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, est « extrêmement préoccupé par la situation humanitaire à Cuba, qui va s’aggraver, voire s’effondrer », si les Etats-Unis continuent de menacer l’approvisionnement de l’île en pétrole, a déclaré, mercredi, son porte-parole, Stéphane Dujarric.
Les huit centrales thermoélectriques du pays, presque toutes inaugurées dans les années 1980 et 1990, tombent régulièrement en panne ou doivent être arrêtées pour de longues semaines de maintenance. Le manque fréquent de carburant contribue aussi aux coupures régulières.
Le gouvernement cubain affirme que les sanctions américaines l’empêchent de réparer son réseau électrique, mais des économistes relèvent cependant le sous-investissement chronique de l’Etat dans ce secteur. Depuis cinq ans, Cuba connaît une profonde crise économique, avec une insuffisance de devises qui contribue à l’érosion de nombreux services de base. Outre les coupures d’électricité, les Cubains font face à une forte inflation et à des pénuries.
Donald Trump, qui multiplie les menaces contre Cuba, répète que les Etats-Unis ont engagé un dialogue avec le gouvernement cubain, qui débouchera, selon lui, sur un accord. « Il y a bien eu des échanges de messages » mais pas « de dialogue à proprement parler en ce moment », a tempéré, lundi, le vice-ministre des affaires étrangères cubain, Carlos Fernandez de Cossio, dans un entretien à l’AFP.













