En bonne croyante, Marine Le Pen ne s’en remettait plus qu’au « miracle » judiciaire. L’implacable réquisitoire prononcé par les avocats généraux, mardi 3 février devant la cour d’appel de Paris, a rappelé la cheffe de file de l’extrême droite au prosaïsme du droit et de la justice. Par les voix de Thierry Ramonatxo et Stéphane Madoz-Blanchet, le ministère public a réclamé une peine de quatre ans de prison dont trois avec sursis, 100 000 euros d’amende et cinq ans d’inéligibilité contre la députée (Rassemblement national, RN) du Pas-de-Calais, poursuivie pour détournements de fonds publics dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national. Une peine guère plus clémente que celle infligée le 30 mars 2025 par le tribunal correctionnel.
Du procès en première instance, Marine Le Pen a tiré une leçon : à défaut d’éclaircir son horizon judiciaire, à la seule main des juges, des réquisitions peuvent assombrir ses desseins politiques. Sans présumer de l’arrêt qui sera rendu avant l’été, l’immuable sévérité de l’accusation en appel renforce les doutes sur sa capacité à concourir une quatrième fois à l’élection présidentielle, en 2027. A moins que les trois juges, cette fois, prennent à revers la démonstration du parquet général.
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