Depuis son enlèvement à Caracas par les forces spéciales états-uniennes, le 3 janvier, l’ancien président du Venezuela, Nicolás Maduro, dort dans le centre de détention métropolitain de Brooklyn, à New York. Et, si paradoxal que cela puisse paraître, enfermé dans cette prison des États-Unis, où il est notamment poursuivi pour “conspiration narcoterroriste”, il y est sans doute plus “accessible” que jamais pour les Vénézuéliens qui souhaitent lui dire tout le mal que leur a causé le régime chaviste.
C’est en tout cas ce qu’a pensé une jeune Vénézuélienne de 21 ans, fille d’exilés politiques, qui, sous le pseudonyme de “Storm”, a décidé de rassembler sur X les messages que ses compatriotes veulent lui faire passer, raconte El País America.
Tantôt émouvants, tantôt revanchards, les 35 messages anonymes qu’elle a triés et sélectionnés parmi les centaines qu’elle dit avoir reçus reflètent la souffrance et la colère ressenties par nombre des quelque 8 millions d’exilés vénézuéliens. “Nicolás Maduro, je te pardonne le fait que, à cause de toi, ma famille a été détruite et que j’ai grandi avec mes grands-parents et non avec mes parents, que je ne voyais qu’au téléphone, travaillant jusqu’à dix-huit heures par jour. Je te pardonne pour mon bien, pas pour le tien”, dit l’un d’eux.
“Aucune cellule n’est assez sombre pour payer la faim et l’exil de millions de personnes. Que votre seule compagnie soit votre conscience et que le destin vous accorde une longue vie, mais derrière les barreaux, afin que vous puissiez voir depuis l’oubli comment le Venezuela renaît sans vous”, dit un autre. Après avoir envoyé une première compilation de messages, Storm en prépare une seconde.
Des “lettres de solidarité” via la Russie
Est-ce pour contrer ce flot de reproches que l’ambassade de Caracas à Moscou a organisé, à son tour, une collecte de lettres de soutien ? Le 28 janvier, lors d’une réunion dans la capitale russe, elle a diffusé l’adresse postale de la prison de Brooklyn et les numéros de prisonnier de Maduro (00734-506) et de son épouse, Cilia Flores (00735-506), afin que l’ancien couple présidentiel reçoive des “lettres de solidarité”, explique le quotidien El Nacional.
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