Si elle veut construire elle-même plus d’éoliennes, de panneaux solaires, de pompes à chaleur, de batteries, l’Union européenne (UE) aura besoin de lithium, de nickel, de cobalt, de cuivre ou encore de terres rares… Or, sa politique d’approvisionnement en matières premières critiques pour la transition énergétique est « d’une solidité » toute « relative ». C’est l’euphémisme choisi par la Cour des comptes européenne pour le titre de son rapport, publié lundi 2 février. Dans ce document de 83 pages, l’institution sise au Luxembourg dresse un tableau alarmant sur le degré de dépendance de l’UE à des pays tiers.
« Cette situation compromet l’autonomie stratégique des Vingt-Sept et montre à quel point il est nécessaire d’accroître la production intérieure et d’exploiter les ressources de manière plus efficiente », souligne le document. Des matières cruciales, sachant que la Commission européenne a fixé aux Etats membres de l’UE l’objectif d’atteindre 42,5 % d’énergie finale à partir d’énergies renouvelables pour 2030, contre près de 24 % en 2023. Une étape importante à franchir, avant une autre qui l’est encore plus : celle de la neutralité carbone, à l’horizon 2050.
Selon la typologie de la Commission établie en 2011, sur les 34 matières premières critiques identifiées, 26 concernent directement la transition énergétique. Pour dix d’entre elles (vanadium, scandium, niobium, lithium, terres rares légères, terres rares lourdes, bore, antimoine, magnésium, phosphore), la dépendance aux importations en provenance de pays tiers est « totale », pointe le rapport. Dans certains cas, cette dépendance est même concentrée dans un seul pays, que ce soit pour les phases d’extraction ou de transformation des matières premières. Sur la base de la période 2016-2020, l’UE est tributaire à 99 % de la Turquie pour le bore, utilisé dans les panneaux solaires, à 97 % de la Chine pour le magnésium, et à 79 % du Chili pour le lithium. Ce qui n’est évidemment pas sans risque.
Il vous reste 59.77% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.












