« Vive l’Iran libre » : quelques milliers de personnes ont défilé dimanche 1er février à Paris et à Toulouse pour soutenir le peuple iranien et demander la chute de la République islamique, après la répression sanglante de la contestation ces dernières semaines. La veille, une marche « unitaire » silencieuse — à l’appel de collectifs de la diaspora classés à gauche — avait réuni 700 personnes dans la capitale, selon la Préfecture de police.
Dimanche, 2 000 personnes, selon la police, des sympathisants de la monarchie renversée par la révolution islamique de 1979 soutenus notamment par le Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), ont défilé des Invalides au Champ-de-Mars.
Les manifestants brandissaient des drapeaux impériaux iraniens frappés du lion à l’épée, américains et israéliens, des portraits de Reza Pahlavi, le fils du chah qui vit en exil, et des pancartes « Europe, tu ne vois pas le massacre des Iraniens ? » ou encore « I’m not a Muslim, I’m a Persian (« Je ne suis pas musulman, je suis perse »). « Fermez l’ambassade des terroristes mollah », « Vive l’Iran libre », « Pahlavi bar migarde ! » (« Pahlavi va revenir ! », en farsi), ont-ils notamment scandé.
A Toulouse, environ 250 personnes se sont rassemblées autour d’un gigantesque drapeau de l’ancienne monarchie, déployé dans le centre-ville, a rapporté l’Agence France-Presse (AFP). Les dirigeants iraniens « ont repris le contrôle au prix de milliers de jeunes massacrés et au prix de dizaines de milliers probablement emprisonnés », a déploré Arash Daraei, Franco-Iranien membre de l’association Soulèvement iranien, en appelant à ce « qu’il n’y ait plus aucun échange ni économique, ni commercial, ni politique » entre la France et le gouvernement iranien.
« Régime sanguinaire »
Dans le cortège parisien, Fanny Zaheipak a déclaré, elle, être venue de Lyon pour demander à Donald Trump, qui a menacé de frappes militaires et déployé des navires de guerre dans le Golfe, d’intervenir « pour dégager ce régime sanguinaire ». « C’est le seul à pouvoir le faire, il a l’argent, il a les armes, alors que les Iraniens se battent seuls, à mains nues dans la rue », a-t-elle soutenu avant de fondre en larmes, expliquant que trois de ses cousins âgés de 13, 15 et 18 ans sont portés disparus après avoir manifesté courant janvier.
Pour Farshid Ramezani, ingénieur de 42 ans, le « prince Reza » Pahlavi est aujourd’hui « le seul capable d’incarner l’avenir de l’Iran ; on a confiance en lui pour établir une démocratie laïque ». Dans la marche de samedi, la plupart des manifestants interrogés par l’AFP disaient ne pas vouloir d’un retour de la monarchie.
« Même face aux massacres nous sommes incapables de nous unir, nous aurions dû être beaucoup plus nombreux, c’est désolant », regrettait Sarak Tavakoli, une architecte d’intérieur, venue avec son père.
Les manifestations en Iran ont débuté fin décembre 2025, avant de prendre de l’ampleur le 8 janvier et d’être réprimées, après la coupure d’Internet dans le pays. L’ONG Human Rights Activists News Agency (HRANA), basée aux Etats-Unis, dit avoir confirmé 6 713 morts, et enquête sur plus de 17 000 décès potentiels supplémentaires.










