A Davos, mardi 20 janvier, Emmanuel Macron n’a pas seulement marqué les esprits avec ses lunettes de soleil. Il a eu aussi des mots importants sur la France et l’Europe, attachées « à l’indépendance, aux Nations unies et à sa charte ». Dans ce vieux pays et ce Vieux Continent, on préfère encore « le respect aux brutes » et la « science au complotisme », a lancé le président de la République française.
Ce n’est pas la première fois que M. Macron critique implicitement les Etats-Unis de Donald Trump en s’érigeant en défenseur de la science. Dans le contexte actuel de montée des populismes climatosceptiques, alors que le président américain coupe les financements de la recherche, bannit des thématiques d’études et répète que le réchauffement climatique serait un « canular », le chef de l’Etat français a raison : les pays européens restent des refuges pour les scientifiques.
Mais l’Europe et la France, sous la pression d’extrêmes droites qui cherchent à instrumentaliser les colères d’une partie de la population contre les élites, ne sont pas à l’abri d’une dérive plus sournoise. La comparaison avec les Etats-Unis, flatteuse, ne saurait faire oublier les récents reculs environnementaux décidés au mépris de la vérité scientifique. Jeudi 29 janvier, une proposition de loi réautorisant la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dans les outre-mer, « principales victimes de la bonne conscience écologique », a été votée au Sénat. L’initiative est venue d’un groupe centriste proche du gouvernement et contredit à la fois la loi Hulot de 2017, les engagements d’Emmanuel Macron et les avis des scientifiques qui préconisent d’arrêter tout nouveau forage pour limiter le changement climatique.
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