Mathilde Muñoz est économiste et professeure à l’université de Californie à Berkeley, aux Etats-Unis. Ses recherches portent sur les tensions que la mondialisation exerce sur les systèmes fiscaux nationaux.
Selon l’Insee, la part des plus de 65 ans continue d’augmenter rapidement, sous l’effet conjugué de l’allongement de l’espérance de vie et de l’arrivée des générations du baby-boom à des âges élevés. Quelles sont les conséquences de cette évolution sur les finances publiques ?
Le débat et la littérature économique se focalisent généralement sur l’impact du vieillissement sur les dépenses sociales et sur les déficits des régimes de protection sociale, à commencer par les retraites et l’assurance-maladie. Un autre effet, en revanche, est le plus souvent ignoré : celui qui porte sur la fiscalité. Les retraités représentent une part croissante de la base fiscale, à la fois parce qu’ils sont de plus en plus nombreux et parce qu’ils disposent, en moyenne, de revenus et de patrimoines plus élevés que ceux des actifs – aux Etats-Unis, par exemple, les plus de 65 ans représentaient, en 2021, 16 % de la population, mais près d’un quart des recettes fédérales de l’impôt sur le revenu. Dans ce contexte, les gouvernants doivent se poser deux questions : où habitent les retraités et où payent-ils leurs impôts ?
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