Après une première tentative en 2024, le fonds d’investissement britannique BC Partners a mis la main sur Biogaran, leader français du médicament générique, aux côtés de la banque publique d’investissements Bpifrance, qui assure la présence de l’Etat au capital.
L’opération a été finalisée après l’obtention des autorisations européennes ainsi que de l’agrément au titre du « contrôle des investissements étrangers en France délivrée par l’État français », ont souligné les parties prenantes vendredi dans un communiqué.
« En entrant au capital de Biogaran, l’État veille et agit », a assuré le ministre français de l’Économie Roland Lescure dans une déclaration transmise à l’AFP, disant avoir été « très exigeant sur les conditions de cette opération avec des engagements fermes et durables imposés à l’acquéreur, notamment sur la sécurisation des stocks stratégiques » qui s’appliqueront « sans limitation de durée ».
Cet accord économique impose à BC Partners des garanties sur « le maintien de l’emploi », « de la production et de l’empreinte industrielle sur le sol national », ainsi que sur « l’approvisionnement » du marché français, avec « un engagement ferme à passer commandes auprès des sous-traitants », détaille Bercy dans un communiqué.
– Pénalités en cas de non-respect –
En cas de manquements, les sanctions financières pourront atteindre « jusqu’au double du montant de l’investissement » ou « 10% du chiffre d’affaires annuel hors taxes de l’entreprise », souligne le ministère.
Aux côtés de BC Partners, Bpifrance, actionnaire à hauteur de 15% dans Biogaran, veillera « à la pérennité de son développement à long terme tout en préservant son ancrage français », a également assuré Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque détenue par l’État français et la Caisse des Dépôts.
Cette annonce met fin à un long feuilleton industriel et politique.
Les rumeurs de cession ont circulé dès la fin 2023 et rapidement suscité de vives réactions dans la classe politique, qui craignait une délocalisation et une perte de souveraineté sanitaire en cas de rachat par un investisseur étranger.
Dans un contexte de pénuries récurrentes de médicaments et d’efforts de relocalisatoin des médicaments essentiels, ces craintes avaient donné lieu à des appels à la vigilance face à des marques d’intérêt potentiel de laboratoires indiens.
A l’automne 2024, Servier avait mis en pause le projet de cession avant de le relancer à l’été 2025 en annonçant des négociations exclusives avec BC Partners.











