- La députée de Loire-Atlantique demande au président du Sénat de sortir du silence après la condamnation du sénateur Joël Guerriau.
- Elle s’inquiète de possibles dysfonctionnements internes à la Haute Assemblée.
- Gérard Larcher affirme de son côté avoir agi dans le cadre des procédures.
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Le sénateur Joël Guerriau accusé d’avoir drogué la députée Sandrine Josso
Au lendemain de la condamnation du sénateur (nouvelle fenêtre) Joël Guerriau, Sandrine Josso hausse le ton. Dans un courrier, que nos confrères de l’Agence France-Presse ont pu consulter, la députée MoDem dit sa « peine »
et sa « surprise »
face au silence du président du Sénat, qu’elle affirme avoir sollicité à deux reprises depuis les faits, sans réponse.
« J’ai eu l’occasion à plusieurs reprises de venir au Sénat pour ma mission gouvernementale sur la soumission chimique. Jamais, me sachant dans vos murs, vous n’êtes venu prendre quelques minutes pour échanger avec moi »
, assure-t-elle. L’élue y évoque également des révélations (nouvelle fenêtre) de Mediapart. Le média en ligne d’investigation affirme en effet que le Sénat aurait exercé des pressions sur l’Arcom, l’agence de régulation des télécoms, afin de mettre en garde l’émission Complément d’enquête, diffusée sur France 2, qui consacrait un volet au Sénat et incluait une interview téléphonique de Joël Guerriau.
Le Sénat mis en cause
Des faits qui, s’ils étaient avérés, relèveraient selon elle de pratiques « illégales »
ou « contraires à l’éthique »
, et qui devraient faire l’objet d’investigations internes, au nom de la « transparence »
, affirme-t-elle. L’élue appelle également Gérard Larcher à « mettre en œuvre dès maintenant des actions pour expliquer et mettre fin définitivement à ces graves dérives »
.
Sandrine Josso s’inquiète notamment de l’une des déclarations de Joël Guerriau au cours de l’enquête : l’ex-sénateur avait alors affirmé avoir obtenu la substance mise en cause (nouvelle fenêtre) auprès d’un autre parlementaire de la Chambre haute. Mardi soir, Joël Guerriau a été condamné à quatre ans de prison, dont 18 mois ferme, pour avoir drogué la députée à son insu en 2023, dans le but de la violer. Le sénateur, qui conteste les faits, a depuis fait appel (nouvelle fenêtre).
Interrogé en début de semaine sur RTL
, le président du Sénat s’est défendu de toute inaction. Il a expliqué avoir attendu une réponse du procureur, qu’il jugeait nécessaire avant de saisir le comité de déontologie du Sénat. Un comité finalement saisi durant l’été, quelques mois avant que Joël Guerriau n’annonce sa démission de son mandat de sénateur. « Les faits sont d’une extrême gravité »
, avait reconnu Gérard Larcher, tout en rappelant qu’il ne pouvait pas « démissionner lui-même »
un sénateur.











