Devant leurs machines, elles portent des fichus à pois, de jolies robes tabliers, et cherchent à s’émanciper par le travail. Mais l’homme, le supérieur hiérarchique ou l’inconnu croisé sur la route, est toujours là. C’est plus qu’un motif, une obsession : les jeunes ouvrières, confrontées à l’étau masculin qui se resserre sur elles, hantent l’œuvre de la cinéaste hongroise Marta Meszaros. Née en 1931, elle fut la première femme à remporter l’Ours d’or à Berlin, en 1975, avec Adoption (1975), puis le Grand Prix à Cannes, avec Journal à mes enfants (1984) – une œuvre inspirée de sa propre vie, celle d’une jeune fille orpheline se réfugiant dans le cinéma.
Du 28 janvier au 15 février, La Cinémathèque française, à Paris, consacre une rétrospective à cette pionnière de la nouvelle vague hongroise – au programme, 17 longs-métrages et 11 courts-métrages. En parallèle, le 28 janvier, trois longs-métrages de Meszaros ressortent en salle, Adoption, Neuf mois (1976, inédit en salle en France), Elles deux (1977), distribués par Nighshift Films, la société fondée par Jean-Marc Zekri, ancien directeur du Reflet Médicis, à Paris.
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