Le sort des hommes politiques, même les plus compétents, « dépend des vagues du temps », observait, en 2010, l’historien et philosophe néerlandais Luuk van Middelaar. Emmanuel Macron vient une nouvelle fois de l’éprouver. Sous le feu des critiques, il y a deux semaines, pour sa politique internationale, le voici depuis le 20 janvier au cœur d’une éphémère « union sacrée », allant de Jean-Luc Mélenchon à Jordan Bardella, pour avoir, à Davos (Suisse), tenu tête à Donald Trump sur le Groenland. Comme la pandémie de Covid-19 en 2020-2021, comme le déclenchement de la guerre en Ukraine en 2022, les velléités expansionnistes du président américain offrent, aujourd’hui, au « président des crises » l’opportunité de conjurer, au moins pour un temps, la malédiction de l’impopularité.
Ce regain d’intérêt lui permettra-t-il de redevenir audible sur la scène politique nationale, dix-huit mois après le cinglant désaveu des élections législatives de 2024 ? Tel un joueur qui pense toujours pouvoir se refaire, Emmanuel Macron, cantonné jusqu’ici dans son domaine réservé – affaires étrangères et défense – tente désormais de renouer avec les sujets touchant au quotidien des Français. Alors qu’il n’a plus la main sur les affaires intérieures, il a lancé un texte visant à interdire l’accès des réseaux sociaux aux moins de 15 ans, actuellement débattu au Parlement. Depuis son bureau, le chef de l’Etat, qui songe à son héritage, veille à ce que le calendrier parlementaire soit tenu, pressant le gouvernement, dimanche dans une vidéo, « d’engager la procédure accélérée pour que ça puisse aller le plus vite possible ». Le premier ministre, Sébastien Lecornu, a obtempéré.
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