Le parquet de Paris a annoncé, mardi 27 janvier, ouvrir une information judiciaire à l’encontre de la plateforme Kick et de ses gérants, contre lesquels il a requis des mandats d’arrêt, après le décès en direct du streameur Jean Pormanove, en août 2025.
Le ministère public a expliqué avoir convoqué les gérants de Kick à Paris, mais ces derniers ne se sont pas présentés, d’où ces mandats d’arrêt. Les deux mis en cause se trouvent en Australie, d’après une source proche du dossier.
Raphaël Graven, 46 ans, connu sous le pseudo de Jean Pormanove, est mort près de Nice lors d’une diffusion en direct, le 18 août, sur la plateforme de vidéos australienne Kick. Il avait déjà subi plus de douze jours de direct le montrant, ainsi qu’un autre homme, violenté et humilié par deux personnes.
Suivie par près de 200 000 personnes, la chaîne « Jeanpormanove » montrait depuis des mois Raphaël Graven se faire insulter, frapper, tirer les cheveux, menacer ou encore tirer dessus sans protection avec des projectiles de paintball. Des contenus scénarisés, selon les promoteurs de la chaîne. Deux enquêtes ont été ouvertes.
Deux hommes en garde à vue
A Nice, deux suspects, les streameurs Naruto et Safine, partenaires de Jean Pormanove, ont été placés en garde à vue mardi. Ils sont interrogés pour violences en réunion sans ITT, violences en réunion avec arme sans ITT sur mineurs de 15 ans, abus de faiblesse, provocation à la haine et à la discrimination en raison du handicap, de l’orientation sexuelle, enregistrement et diffusion d’images de violences.
A Paris, les auditions des dirigeants devaient permettre de « recueillir les observations sur les faits reprochés » ainsi que « sur les mesures de mise en conformité que la société Kick était susceptible d’avoir prises depuis le décès de Jean Pormanove ».
Les investigations parisiennes sont désormais confiées à un juge d’instruction, qui doit « approfondir l’analyse des différents montages et schémas financiers de la société », encore « opaques à ce stade ». L’information judiciaire « devra également clarifier les liens économiques » entre le vidéaste mort et la plateforme. « Des flux financiers suspects ont été identifiés, permettant de suspecter un financement direct de cette chaîne par la société Kick et ses dirigeants », a souligné le parquet.














