Les zones à faibles émissions (ZFE) ne sont pas encore enterrées. Actée en commission mixte paritaire, le 20 janvier, leur suppression devait être soumise aux députés et sénateurs lors du vote sur le projet de loi de simplification initialement prévu mardi 27 janvier à l’Assemblée nationale puis jeudi 29 janvier au Sénat. Mais le gouvernement a décidé de reporter l’examen du texte en raison du « blocage » persistant autour de la suppression des ZFE, introduite en examen par l’extrême droite et la droite et soutenue par La France insoumise.
Le député RN du Gard Pierre Meurin, qui mène la fronde contre les ZFE depuis 2022, a dénoncé une « forfaiture démocratique ». Pierre Chasseray, le délégué général de la puissante et bruyante association 40 millions d’automobilistes, y voit « un bras d’honneur au Parlement et aux millions d’automobilistes ».
Du côté des défenseurs des ZFE, on voit au contraire dans ce report une dernière occasion de sauver un dispositif certes imparfait mais qui a fait ses preuves pour améliorer la qualité de l’air en restreignant progressivement la circulation des véhicules les plus polluants dans les grandes agglomérations. La députée macroniste et ex-ministre de la transition écologique Agnès Pannier-Runacher considère que ce report, annoncé juste avant les élections municipales, « permettra peut-être à la raison de revenir », estimant que « quasiment tous les maires concernés par les ZFE ne soutiennent pas » leur suppression. Si la loi prévoit des ZFE dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants depuis le 1er janvier 2025, dans les faits seulement 25 en ont déployé.
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