Les sites Youporn, Pornhub et Redtube n’accepteront plus de nouveaux utilisateurs au Royaume-Uni à compter du 2 février, a annoncé mardi leur propriétaire, qui dénonce la façon dont l’obligation de vérifier l’âge des usagers est appliquée dans le pays.
L’entreprise Aylo, basée à Chypre, qui a déjà bloqué ses sites en France ou dans certains Etats américains pour des raisons similaires, estime que les règles britanniques, loin de protéger les mineurs, ont en réalité « détourné le trafic vers des coins plus sombres et non réglementés d’internet ».
Si « les grands opérateurs se conforment à la loi (…) la grande majorité des sites proposant des contenus inappropriés pour certains âges ne font l’objet d’aucun contrôle », développe l’entreprise, qui dit craindre une augmentation du « risque d’exposition à des contenus dangereux ou illégaux ».
Aylo estime aussi que la vérification de l’âge pose problème pour « la vie privée et les données personnelles des citoyens britanniques » et affirme que « chaque téléphone, tablette ou ordinateur devrait être configuré dès le départ comme un appareil sécurisé pour les enfants » plutôt que de faire peser cette responsabilité sur les sites internet.
Le loi « n’empêche pas les adultes de consulter des contenus légaux et les services n’ont pas besoin de quitter le Royaume-Uni – ils doivent simplement s’assurer que les mineurs de moins de 18 ans ne peuvent pas y accéder », a rétorqué le ministère britannique de la Technologie dans une déclaration transmise à l’AFP.
Le régulateur de la sécurité sur internet au Royaume-Uni, l’Ofcom, a dit vouloir continuer de dialoguer avec Aylo « afin de comprendre ce changement de position » mais assure « avoir agi avec fermeté et rapidité » contre les sites récalcitrants, avec des enquêtes visant « plus de 80 sites pornographiques ».
Une amende d’un million de livres a déjà été infligée à l’un d’eux et « d’autres sanctions sont à prévoir », prévient-il.
En France aussi, Aylo s’est élevé contre une loi obligeant les éditeurs de sites porno à mettre en place un système d’identification empêchant les mineurs d’y accéder, sous peine de sanctions du gendarme du numérique et de l’audiovisuel français, l’Arcom, pouvant aller jusqu’au blocage.
Après avoir suspendu une première fois début juin l’accès à ses contenus en France, l’entreprise les avait rétablis deux semaines plus tard, profitant de la suspension d’un arrêté ministériel les obligeant à vérifier l’âge de ses utilisateurs.
Mais elle a finalement bloqué à nouveau l’accès mi-juillet après que la plus haute juridiction administrative a décidé de rétablir la vérification d’âge.
« Nous restons déterminés à collaborer avec le Royaume-Uni, la Commission européenne et d’autres partenaires internationaux afin de garantir que les enseignements tirés au Royaume-Uni soient pris en compte dans l’élaboration des politiques futures », a assuré Aylo mardi dans son communiqué.
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