C’est un accord bilatéral très attendu des éleveurs : l’Espagne, deuxième marché d’exportation pour les bovins français, a rouvert mardi 27 janvier ses frontières à une partie des animaux vaccinés contre la dermatose nodulaire contagieuse, a annoncé le ministère de l’agriculture français.
A partir de mardi, l’Espagne accepte les bovins vaccinés en Savoie et en Haute-Savoie, berceau de la maladie cet été, mais aussi ceux vaccinés dans l’Ain, le Rhône, le Jura, le Doubs et dans une petite zone du Sud-Ouest où la vaccination et l’absence de foyer de contagion ont permis de lever les restrictions de mouvements, est-il précisé dans un communiqué.
Des conditions et garanties sanitaires (examen clinique, certificats, délai post-vaccination) sont exigées. « Les négociations se poursuivent pour étendre cette ouverture » aux zones du Sud-Ouest où la vaccination préventive est en cours, ajoute le communiqué.
En 2024, la France, un des principaux exportateurs mondiaux d’animaux vivants et de génétique (2,8 milliards d’euros en 2024), a envoyé à l’étranger près de 1,3 million de jeunes bovins selon l’Institut de l’élevage, pour plus de 1 milliard d’euros selon les douanes. Les veaux sont principalement envoyés en Italie et en Espagne pour y être engraissés. La France avait rapidement conclu avec l’Italie, son premier client, un premier accord l’automne dernier pour y envoyer des animaux vaccinés.
Les bovins vaccinés aussi acceptés par le Kosovo
Pour faire face à l’épidémie de dermatose nodulaire contagieuse, la France a décidé de vacciner l’intégralité des bovins dans les zones réglementées autour des foyers de la maladie, mais aussi dans plusieurs départements du Sud-Ouest, à proximité de ceux touchés, pour former un « cordon sanitaire ».
Outre l’interdiction de mouvements d’animaux dans les zones réglementées, la vaccination, même préventive, fait perdre aux zones concernées le statut « indemne », qui permet d’exporter sans contraintes sanitaires.
Les mouvements d’animaux ne peuvent légalement reprendre dans une zone réglementée que vingt-huit jours après la vaccination de 75 % du cheptel et quarante-cinq jours après la détection du dernier cas de la maladie. La reprise des exportations est toutefois conditionnée à des accords bilatéraux conclus avec le pays de destination.
Des accords ont été conclus avec l’Italie, qui accepte depuis plusieurs mois des animaux vaccinés en Auvergne-Rhône-Alpes et depuis le 18 janvier en Bourgogne-Franche-Comté ; et avec la Suisse, dixième client de la France en 2024 pour les animaux vivants et la génétique, et l’Egypte, avec qui les échanges sont toutefois bien moins importants. Le Kosovo, « débouché particulièrement important pour les éleveurs du Jura » selon le ministère, accepte également des animaux vaccinés depuis jeudi.
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