La peste, un spectre d’un autre âge ? En France, les derniers cas ont été notifiés en 1945 en Corse. Et aucune infection par la bactérie Yersinia pestis n’a été récemment signalée en Europe. Mais la maladie n’a pas disparu. « Entre 1990 et 2020, près de 50 000 cas humains ont été déclarés à l’OMS par 26 pays », rapporte l’Institut Pasteur, à Paris. « Un nombre sous-estimé, en raison d’une probable sous-déclaration depuis 2008 », fait savoir Anne-Sophie Le Guern, directrice du Centre national de référence de la peste à l’Institut Pasteur, à Paris.
De fait, la troisième pandémie de peste, qui a débuté en 1855 en Chine, n’est toujours pas éteinte. « Mais elle évolue à bas bruit », tempère Anne-Sophie Le Guern. Autre surprise, la peste humaine peut disparaître durant des décennies, avant de renaître brutalement. En 2013, par exemple, elle est réapparue au Kirghizistan et en Russie, après un silence de trente ans et de trente-quatre ans, respectivement.
Les pays les plus touchés sont la République démocratique du Congo et Madagascar, où la peste, endémique durant la saison des pluies, provoque 250 à 500 cas chaque année. En Asie, les foyers les plus actifs sont en Chine et en Mongolie. Aux Etats-Unis, des cas sporadiques autochtones sont rapportés chaque année dans les parcs nationaux de la Côte ouest, avec un à deux morts par an. L’Amérique du Sud n’est pas épargnée, en particulier le Pérou.
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