Quel dommage de dire au revoir au Théâtre national de la Colline en recréant Willy Protagoras enfermé dans les toilettes. Ce sentiment ne nous quitte pas en sortant de cette pièce non aboutie, la dernière proposée par Wajdi Mouawad après dix ans à la tête de cette institution culturelle. L’auteur et metteur en scène libano-canadien quittera son poste de directeur le 8 mars, en laissant quelques excellents souvenirs (comme la tétralogie Le Sang des promesses, Racine carrée du verbe être ou encore Journée de noces chez les Cromagnons), mais pas cette fois.
En choisissant de reprendre un spectacle imaginé à l’âge de 20 ans, alors qu’il était en exil au Canada pendant que la guerre civile faisait rage dans son Liban natal, Wajdi Mouawad nous perd et nous déroute. Ce qui se veut un cri de colère de la jeunesse contre le monde, un « manifeste contre l’enfermement et le repli », selon la note d’intention, se transforme en deux heures trente interminables d’un récit faussement culotté, d’une pseudo-farce à la grossièreté dérangeante.
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