« Depuis nos différences, nous devons nous rencontrer et parvenir à des accords. Pourquoi ? Pour le peuple du Venezuela », a déclaré Delcy Rodriguez, dont l’intérim selon la Constitution peut durer six mois avant de nouvelles élections. « Il ne peut y avoir ni divergences politiques ni partisanes lorsqu’il s’agit de la paix du Venezuela », a-t-elle ajouté.
Vendredi, Delcy Rodriguez avait demandé au président de l’Assemblée nationale du Parlement, son frère Jorge Rodríguez, une rencontre avec les différents secteurs politiques du pays, disant vouloir un dialogue avec des « résultats concrets et immédiats ». « Qu’il s’agisse d’un dialogue politique vénézuélien où ne s’imposent plus des ordres externes, ni de Washington, ni de Bogota ni de Madrid. Un dialogue politique nationalisé (…) qui soit pour le bien commun du Venezuela », avait-elle déclaré vendredi 23 janvier.
Delcy Rodriguez sous pressions américaines
Environ 2 400 personnes avaient été arrêtées et 28 tuées lors de la répression des troubles post-électoraux après l’annonce par le Conseil national électoral (CNE) de la victoire de Nicolas Maduro. L’opposition, qui revendique toujours la victoire, a accusé le pouvoir de fraude, publiant des procès-verbaux de bureaux de vote donnant son candidat Edmundo Gonzalez Urrutia vainqueur. Le CNE, accusé d’être aux ordres du pouvoir, n’a jamais publié de résultats détaillés, disant avoir été victime d’une attaque informatique.
Depuis son investiture le 5 janvier, Delcy Rodriguez, sous pressions américaines, a notamment promis des libérations de prisonniers politiques, mais aussi signé des accords pétroliers avec les États-Unis ou engagé une réforme législative comprenant notamment la loi sur les hydrocarbures. La présidente par intérim a annoncé plus de 600 libérations de prisonniers et en appelle à l’ONU pour confirmer ces chiffres. Toutefois, l’ONG de défense des détenus Foro Penal recense quant à elle seulement 155 libérations de prisonniers politiques depuis le 8 janvier, sur un total de quelque 800 détenus.
Cette semaine, la Maison Blanche, sans fixer de date, a annoncé vouloir inviter Mme Rodriguez aux États-Unis, après plusieurs déclarations élogieuses de Trump à son égard. Dans des propos parfois contradictoires, le président américain, qui veut – selon des analystes – éviter un scénario irakien avec une implosion de l’administration, avait déjà affirmé que l’opposante et Nobel de la paix Maria Corina Machado n’était pas qualifiée pour gérer le pays, tout en assurant aussi vouloir « l’impliquer ».












