Le procès de trois dirigeants de L’Alliance, l’ONG la plus profondément ancrée dans la société civile de Hongkong depuis 1989, s’est ouvert jeudi matin au tribunal de West Kowloon. Il brise pour de bon l’ambition de Hongkong d’obtenir un jour justice pour les étudiants chinois morts ou disparus dans la répression du 4 juin 1989 à Pékin.
Les trois inculpés dans ce procès, Chow Hang-tung, Albert Ho et Lee Cheuk-yan, ont tous été présidents ou vice-présidents de L’Alliance, dissoute fin 2021. Ils sont accusés d’« incitation à la subversion », un crime passible de dix ans d’emprisonnement sous la nouvelle loi de sécurité nationale, imposée par la Chine en 2020 à la suite du vaste mouvement de contestation antigouvernementale de 2019.
Alors que l’ancien député du Parti travailliste, réélu quatre fois, syndicaliste engagé et ancien président de L’Alliance Lee Cheuk-yan, 68 ans, et Chow Hang-tung, avocate infatigable de 40 ans qui assure elle-même sa défense, plaident tous les deux non coupables, leur camarade de combat, Albert Ho, 74 ans, avocat des droits humains, lui aussi ancien président de L’Alliance et cofondateur du Parti démocratique, a annoncé il y a quelques mois qu’il plaiderait finalement coupable. « Le fait qu’Albert Ho ait décidé de plaider coupable a attristé beaucoup de monde. Il n’a strictement rien fait de répréhensible, mais cela montre qu’il n’a plus aucun espoir dans un procès juste », commente un ancien élu du Parti démocratique qui le connaissait bien. Théoriquement, plaider coupable garantit une réduction de peine.
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