Considérée depuis la guerre froide comme un nid d’espions en raison de sa neutralité et de sa législation particulièrement permissive, l’Autriche n’avait jamais amené en justice une telle affaire d’espionnage. Jeudi 22 janvier, le procès d’Egisto Ott, un ancien agent des services de renseignement autrichien, a débuté devant la cour d’assises de Vienne. Il est accusé d’avoir transmis pendant des années des informations sensibles à Moscou et d’avoir surveillé des journalistes d’investigation travaillant sur la Russie.
Accusé notamment de « corruption » et « d’espionnage au détriment de l’Autriche », M. Ott, 63 ans, est apparu devant la cour en costume noir, lunettes et cheveux ras. Il a assuré être « innocent », reconnaissant tout juste avoir pu se transmettre à lui-même des informations classifiées sur son adresse e-mail privée, bien loin de la version du parquet qui l’accuse d’avoir été un rouage essentiel du réseau de l’ancien patron du service de paiement en ligne Wirecard, Jan Marsalek. Cet autre Autrichien est en fuite en Russie depuis 2020, d’où il est réputé opérer pour le service fédéral de sécurité (FSB), le renseignement intérieur russe.
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