La trêve à Gaza reste des plus précaires, émaillée de violences. L’armée israélienne a annoncé, jeudi 22 janvier, la mort d’un de ses soldats des suites de ses blessures infligées en octobre, au lendemain de la mort de onze Palestiniens, dont trois journalistes. Cela n’a pas empêché Donald Trump de présenter à Davos son plan pour un « nouveau Gaza » censé transformer le territoire palestinien en un complexe luxueux de gratte-ciel en bord de mer : une « Riviera du Moyen-Orient ».
La guerre à Gaza, déclenchée après l’attaque lancée par le Hamas le 7 octobre 2023, a ravagé le territoire et poussé la majorité des habitants à fuir leurs foyers. Un cessez-le-feu négocié par les Etats-Unis est entré en vigueur en octobre dernier, mais la crise humanitaire perdure pour la plupart des Gazaouis.
« Je vais avoir beaucoup de succès à Gaza, ça va être beau à voir », a déclaré le président américain alors qu’il présentait à Davos son Conseil de la paix, initialement conçu pour superviser la reconstruction du territoire palestinien. « Je suis un promoteur immobilier dans l’âme (…) et j’ai dit : regardez ce site en bord de mer, regardez ce superbe lot foncier, ce que ce pourrait être pour tant de gens », a-t-il dit au Forum économique mondial qui se tient dans la station de sports d’hiver suisse.
Son gendre Jared Kushner, qui n’a aucune fonction officielle mais est de fait émissaire parmi d’autres concernant le conflit à Gaza, a estimé que ce « maître projet » était voué à un « succès effrayant ».
Exhibant une esquisse comprenant des dizaines de tours d’appartements avec des terrasses surplombant des allées ombragées, il a promis que ce paysage remplacerait les ruines laissées par la guerre. « Au Moyen-Orient, ils construisent des villes comme ça, pour deux ou trois millions de personnes, ils le font en trois ans », a-t-il dit. « C’est faisable en trois ans si nous voulons que ce le soit. »
Un projet immobilier qui suscite de nombreuses interrogations
Jared Kushner a estimé à 25 milliards de dollars les investissements nécessaires pour reconstruire les infrastructures et les services publics du territoire palestinien. Selon lui, en dix ans, le PIB de la bande de Gaza atteindrait 10 milliards de dollars et le revenu moyen par foyer 13 000 dollars (11 000 euros), grâce « au plein-emploi à 100 % et aux possibilités offertes à tous ».
Il a affirmé que le « Comité national pour l’administration de Gaza », censé travailler sous l’autorité du Conseil de la paix de Donald Trump, avait reçu une proposition du promoteur immobilier israélien Yakir Gabay. « Il s’est porté volontaire, pas pour le profit, mais vraiment en écoutant son cœur », a assuré Jared Kushner. « Donc, dans les cent jours à venir, nous allons continuer sans relâche à nous assurer que cela se réalise », a-t-il ajouté.
Il a aussi estimé qu’un désarmement complet du Hamas, prévu par l’accord de cessez-le-feu d’octobre, convaincrait les investisseurs et les donateurs. « Il va y avoir de fantastiques opportunités d’investissement », a conclu M. Kushner.
Sa présentation ne mentionnait pas le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, dont le pays avait porté en 2025 un plan de reconstruction de la bande de Gaza soutenu par des pays arabes et accueilli favorablement par l’Union européenne.
Selon un communiqué de ses services, M. Al-Sissi est rentré à l’aube jeudi en Egypte, quelques heures après un tête-à-tête avec M. Trump au cours duquel les deux hommes ont échangé des compliments, le président américain le qualifiant de « grand leader » et de « type génial ».













