Avec Roger-Maurice Bonnet, mort le 19 janvier à Clermont-Ferrand, à l’âge de 88 ans, c’est l’un des pères de la recherche spatiale européenne, et un pan de son histoire, qui disparaît. En dirigeant pendant dix-huit années, de 1983 à 2001, le programme scientifique de l’Agence spatiale européenne (ESA), qui peinait jusqu’alors à exister, il lui avait donné une colonne vertébrale, une méthode et, plus encore, une vision à long terme.
De quoi jouer dans la cour des grands et réaliser des missions qui sont entrées au panthéon de l’astronomie spatiale, comme le satellite d’observation du Soleil SOHO ou la sonde Rosetta partie à la découverte de la comète Tchouri. C’est aussi lors de son mandat que l’ESA a décidé de participer à l’aventure du télescope spatial James-Webb.
A l’annonce du décès de celui que beaucoup appelaient simplement « Roger », le directeur général de l’ESA, l’Autrichien Josef Aschbacher, ne s’y est pas trompé, déclarant : « C’est un triste jour pour l’ESA, mais nous sommes extrêmement fiers de ce que Roger a accompli et de la manière dont il a fait progresser l’agence dans tant de domaines. Des dizaines de missions de l’ESA ont vu le jour grâce à sa clairvoyance et à ses compétences scientifiques. (…) Roger restera à jamais une icône de la science spatiale européenne. »
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