Vous soulevez un point intéressant. Le Financial Times écrit aujourd’hui que la guerre des drones entre l’Ukraine et la Russie dépend largement de composants chinois, ce qui fait de la Chine un acteur-clé mais discret du conflit.
Malgré une position officielle de neutralité et des restrictions à l’exportation, des entreprises chinoises fournissent – directement ou via des intermédiaires – des composants essentiels aux deux camps, souvent au même moment.
Les deux camps utilisent souvent les mêmes composants, moins chers que les équivalents occidentaux. Dès qu’une nouvelle technologie (comme un transmetteur vidéo) apparaît sur un drone russe capturé, les Ukrainiens contactent le fabricant chinois pour obtenir le même modèle, et inversement. Les fournisseurs en Chine à Shenzhen ou dans le Guangdong organisent même les visites d’Ukrainiens et de Russes pour éviter qu’ils ne se croisent.
L’Ukraine, bien qu’ayant fortement développé sa production nationale de drones, reste dépendante de la Chine pour environ 85 % des composants des drones les plus utilisés. La Russie, mieux financée et soutenue par l’Etat, parvient à sécuriser des volumes plus importants, allant jusqu’à racheter des lignes de production entières et à contourner les sanctions grâce à des routes via l’Asie centrale (Kirghizistan, Kazakhstan) et des montages financiers complexes.
Les contrôles chinois sur les technologies à double usage existent mais sont largement contournés, en raison de la difficulté à identifier les utilisateurs finaux et du rôle des sociétés écrans et logisticiens spécialisés. Des composants chinois continuent d’être retrouvés dans les drones russes abattus, malgré les sanctions américaines visant certaines entreprises.
Selon des experts occidentaux, le soutien économique et technologique de la Chine à la Russie – même indirect – a contribué à prolonger la guerre, en assurant à Moscou un approvisionnement stable en technologies cruciales pour la production massive de drones.
















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