Un tribunal américain a acquitté, mercredi 21 janvier, un ancien policier, jugé pour inaction lors de la tuerie en 2022 dans une école primaire du Texas, à Uvalde, où deux enseignantes et 19 enfants avaient perdu la vie.
Ce massacre, perpétré le 24 mai 2022 par un homme de 18 ans, Salvador Ramos, armé d’un fusil d’assaut, reste aujourd’hui la pire tuerie en milieu scolaire commise aux Etats-Unis depuis une quinzaine d’années.
Il a marqué la mémoire collective américaine au fer rouge, à cause du jeune âge des enfants décédés – neuf ans pour certains – mais aussi en raison des lenteurs de la police pour réagir.
Soixante-dix-sept minutes pour que le tireur soit abattu
Malgré la mobilisation de 376 agents issus de multiples forces – shérif local, police d’Etat ou encore police municipale –, il avait fallu attendre soixante-dix-sept minutes et l’arrivée d’une unité spécialisée pour que le tireur soit abattu.
Adrian Gonzales, policier du district scolaire d’Uvalde, comptait parmi les premiers agents sur les lieux. Il était accusé de mise en danger de la vie d’autrui, tout particulièrement d’enfants, n’ayant pas « engagé [le combat], distrait ou retardé le tireur ».
« Nous, le jury, déclarons l’accusé Adrian Gonzales non coupable », a dit le juge Sid Harle à l’audience qui se déroulait à Corpus Christi, à quelque 320 km d’Uvalde, après plusieurs heures de délibérations.
Frustration
Des familles de victimes ont exprimé leur frustration à l’issue de l’acquittement – un rare dossier de mise en cause des forces de l’ordre en ce qui concerne leur réaction face à une tuerie de masse.
« Ils ont encore laissé tomber les enfants », a réagi face à la presse Javier Cazares, père de Jackie Cazares, une écolière morte dans l’attaque.
L’ancien chef de la police du district scolaire d’Uvalde, Pete Arredondo, est poursuivi pour abandon et mise en danger d’enfants. Il sera jugé séparément.
En janvier 2024, le ministère américain de la justice avait reconnu une « cascade d’échecs » dans la réaction des forces de l’ordre.













