DISNEY + – A LA DEMANDE – SÉRIE
On parle beaucoup de désinhibition, ces jours-ci, quand la conversation roule sur les Etats-Unis. Mais il n’y a pas que Donald Trump, il y a aussi Ryan Murphy. Au long des 11 épisodes de The Beauty, dernière série en date du créateur de Glee (2009-2015) et American Horror Story (2011 à aujourd’hui), un sentiment l’emporte sur tous les autres : l’incrédulité. Commencée sur le mode du body horror (lors d’un défilé parisien, un mannequin en proie à une fièvre mystérieuse sème la terreur avant de rencontrer une fin sanglante), la série se mue en thriller transcontinental, puis en fiction spéculative paranoïaque, avant de se conclure en drame élisabéthain.
Deux diagnostics viennent à l’esprit : grande série malade – pour appliquer à la fiction épisodique une catégorie créée par François Truffaut à l’usage d’un chef-d’œuvre imparfait, Pas de printemps pour Marnie (1964) – ou grand n’importe quoi. De la durée erratique des épisodes à l’inconstance du comportement des affects des personnages, en passant par les incohérences du récit, les symptômes que présente The Beauty pointent vers la deuxième hypothèse. Ce qui n’empêche pas la série d’être traversée par des éclairs de beauté monstrueuse, qui correspondent sans doute au projet de Ryan Murphy. Mais on dirait ce dernier livré à sa mégalomanie, incapable de distinguer l’inspiration du caprice.
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