Arras, un soir de novembre 2025. Malgré le froid qui règne sur le Pas-de-Calais, une file d’attente s’est formée au cœur de la ville. Ces 900 spectateurs sont des privilégiés ; ils seront les premiers, en France, à voir le dernier film d’Olivier Assayas, diffusé dans le cadre du Arras Film Festival, Le Mage du Kremlin, mettant en scène Vladimir Poutine et l’un de ses conseillers. « Un captivant thriller géopolitique où la fiction s’empare de la réalité », assurent les organisateurs.
L’acteur britannique Jude Law incarne le président russe dans cette superproduction dotée d’un budget de 23 millions d’euros. « Un film en anglais, tourné en Lettonie, avec des acteurs américains et lettons et une équipe française, destiné avant tout aux Français », résume Olivier Assayas en le présentant au public. Le réalisateur, qui n’a pas donné suite aux demandes d’entretien du Monde, glisse sur le parcours semé d’embûches de son long-métrage, depuis sa source d’inspiration – un livre parfois contesté – jusqu’au tournage, une drôle d’histoire franco-russe, avec la Lettonie pour décor.
Un avertissement s’affiche à l’écran : « Le film reste une œuvre artistique. Les personnages, ainsi que leurs propos et opinions, sont fictifs. » La plupart des protagonistes renvoient toutefois à des personnalités bien réelles, dont l’oligarque Boris Berezovski (1946-2013), le joueur d’échecs Garry Kasparov ou le prédécesseur de Vladimir Poutine, Boris Eltsine (1931-2007). Et voici bientôt les spectateurs embarqués dans des fêtes moscovites, entre alcool et drogue, mais également dans les couloirs du Kremlin. Au cœur du récit, un stratège en communication chargé de nous entraîner au plus près de Poutine. Le mage, c’est lui : Paul Dano à l’écran, Vladislav Sourkov dans la vraie vie.
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