Le ministre de l’intérieur, Laurent Nuñez, a assuré, mardi 20 janvier, qu’il n’y avait « aucune raison de suspendre » les policiers qui ont interpellé El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans mort peu après lors de sa garde à vue dans le commissariat du 20e arrondissement de Paris.
« Je n’ai évidemment aucune raison de suspendre les fonctionnaires de police en question », a répondu Laurent Nuñez, lors des questions au gouvernement mardi après-midi, assurant faire « confiance à la justice pour faire toute la lumière sur cette affaire ».
Une information judiciaire a été ouverte lundi par le parquet de Paris pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique » ayant entraîné la mort, après la mort d’El Hacen Diarra survenue dans la nuit du 14 au 15 janvier.
Une vidéo a notamment été filmée par des voisins au moment de son interpellation devant le foyer de travailleurs migrants où il résidait. On y distingue deux policiers, dont l’un, à genoux, donnant deux coups de poing en direction de la victime, plaquée au sol. Selon l’analyse du son réalisée par la famille du défunt, on entend aussi El Hacen Diarra crier : « Vous m’étranglez ! ».
« Deux coups [ont été] portés », reconnaît Laurent Nuñez
« Effectivement il y a eu un contrôle d’un individu qui roulait une cigarette de cannabis et donc les policiers (…) ont voulu le palper », a relaté le ministre de l’intérieur, qui évoque ensuite une « altercation » et « l’usage du taser sur son mollet ». « Il a été conduit au poste sans incident particulier et c’est une fois au poste de police que ce monsieur a fait un malaise cardiaque », a poursuivi Laurent Nuñez, reconnaissant « deux coups qui sont portés à cet individu ». « Mais de là à en déduire que ces coups ont été mortels, il y a un pas que je ne franchis pas parce qu’il y a une enquête judiciaire en cours », a lancé le ministre.
L’avocat de la famille d’El Hacen Diarra, Me Yassine Bouzrou, a réclamé mardi le placement en garde à vue des policiers impliqués, soulignant notamment que les résultats d’autopsie étaient « caractéristiques » d’un étranglement.
















