Avec notre envoyée spéciale à Lagos et Abuja, Liza Fabbian
Le studio photo de Leslie est installé dans un container, en face d’un point de dépôt pour les demandes de visas américains, en plein cœur de Victoria Island, à Lagos, la plus grande ville du Nigeria. « Ça fait cinq mois que le travail est compliqué, lâche-t-il. Avant, en une heure, je pouvais faire mon salaire de la journée ! Parfois, j’étais même fatigué de travailler, alors je disais aux gens que j’avais un problème technique pour fermer plus tôt ».
Les visas américains n’ont plus la côte non plus auprès des clients de Pelu, qui aide les demandeurs de visa dans le quartier de Churchgate, à Abuja. Son bureau est installé sur un terrain vague, avec une imprimante et un ordinateur reliés à un générateur. « J’ai quand même un client qui veut voyager en février, souligne-t-il. Il est prêt à payer cette caution de 15 000 dollars. Les États-Unis sont encore ouverts pour les gens très riches, ceux qui vont aller là-bas mais n’y resteront pas. Si vous avez de gros investissements au Nigeria, vous n’allez surement pas en partir ».
« Je pense que Trump a bien fait »
Cette situation ne choque pas Magaja, assis à l’ombre d’un muret. Le notable à la retraite prépare une demande de visa pour se rendre en Grande-Bretagne. « Je pense que Trump a bien fait : 85% des Nigérians sont des criminels, lance-t-il. D’ailleurs, si Trump pouvait nous envahir, on pourrait enfin se reposer. Nous n’avons pas la paix ici, des citoyens sont tués tous les jours, mais le gouvernement ne fait rien. Nous avons besoin que Trump soit dur avec nos dirigeants ».
En décembre, les États-Unis ont conduit des frappes dans le nord-ouest du Nigeria, après que Donald Trump ait dénoncé l’attentisme des autorités nigérianes, face à l’insécurité dans le pays.
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