« Je jure solennellement que j’exercerai fidèlement la fonction de président des États-Unis et que, du mieux que je peux, je préserverai, protégerai et défendrai la Constitution des États-Unis. » Il y a un an jour pour jour, Donald Trump prêtait serment sur la Bible dans la rotonde du Capitole et devenait le 47e président américain.
Durant les soixante-cinq premiers jours de son second mandat à la Maison Blanche, Donald Trump va signer 104 décrets présidentiels, plus qu’aucun président ne l’a jamais fait. Parmi ces décrets, certains concernent notamment des promesses tenues durant sa campagne.
BFM fait le point sur dix d’entre elles. Ses promesses ont-elles été tenues, non tenues ou sont-elles toujours en cours, 365 après sa prise de fonction dans le Bureau ovale?
1 – Expulser en masse
C’était l’un des piliers du programme de Donald Trump: la lutte contre l’immigration illégale. Durant sa campagne, le milliardaire a promis de mettre fin à une supposée « invasion » de criminels étrangers, conspuant les « migrants clandestins » qui, selon lui, « empoisonnent le sang » du pays. Il assurait qu’il mènerait « la plus grande opération d’expulsions » de clandestins de l’histoire des États-Unis.
Il ordonne de grandes opérations pour expulser les étrangers illégaux dans tout le pays, de Los Angeles à Chicago, en passant par Washington, New York, Memphis et La Nouvelle-Orléans. Mais les méthodes des agents de la police fédérale de l’immigration (Ice) sont contestées, des incidents et bavures se multiplient. Comme à Chicago quand la police de l’immigration abat un homme qui tentait d’échapper à son arrestation ou à Minneapolis le 7 janvier dernier quand une femme est tuée à bord de sa voiture.
D’autant que les arrestations peuvent désormais avoir lieu autour des zones dites sensibles, comme les écoles, les lieux de culte et même les supermarchés. C’est la chasse aux clandestins: des ouvriers agricoles sont arrêtés dans les champs, quelque 500 personnes – dont 300 ressortissants sud-coréens – sont arrêtés dans une usine Hyundai et LG.
Des centres de détention sont construits à la hâte. La Floride reconvertit un ancien aérodrome en centre de détention. Un centre surnommé « l’Alcatraz des alligators » situé au milieu des marécages des Everglades. Donald Trump souhaite par ailleurs expulser des Vénézuéliens dans des pays d’Afrique – le Nigeria a pour sa part refusé. Le Panama a déjà accueilli des centaines de migrants originaires du Moyen-Orient. Et le Salvador a emprisonné sur son sol plusieurs centaines de membres présumés de gangs vénézuéliens.
Donald Trump a un objectif: expulser 3.000 immigrés par jour alors qu’environ 11 millions de personnes vivent illégalement sur le sol américain. Une politique soutenue par sa réforme fiscale qui a débloqué 170 milliards de dollars supplémentaires (145 milliards d’euros) pour financer la lutte contre l’immigration.
En un an, le nombre de personnes détenues par l’Ice a été multiplié par quatre, et plus de 400.000 ont été expulsées. Pour la première fois depuis soixante ans, la population immigrée a enregistré une baisse inédite. Quelque 750.000 travailleurs étrangers ont quitté le pays depuis le retour de Donald Trump au pouvoir. Ce qui pourrait avoir des conséquences économiques non négligeables. Le manque de main d’œuvre s’est rapidement fait sentir dans certains secteurs, notamment dans l’agriculture, la construction ou les services à la personne, qui souffrent de pénuries.
2 – Fermer les frontières
Le 20 janvier 2025, dès son retour dans le Bureau ovale, Donald Trump signe avec un certain sens de la mise en scène des décrets pour annuler la politique de Joe Biden en matière d’immigration.
Juste après son investiture, à la frontière mexicaine, des demandeurs d’asile se retrouvent ainsi bloqués après l’arrêt de l’application qui permettait de prendre rendez-vous avec l’administration et d’entrer légalement sur le territoire américain. Des dizaines de milliers de rendez-vous, pourtant pris depuis des mois, sont annulés.
Donald Trump décide d’interdire aux ressortissants de 12 pays d’entrer aux États-Unis afin de « protéger » le pays de « terroristes étrangers », un « travel ban » qui rappelle le « muslim ban » de son premier mandat (2016-2020) qui visait les ressortissants de sept pays à majorité musulmane. Sept autres pays sont également visés par des restrictions (Burundi, Cuba, Laos, Sierra Leone, Togo, Turkménistan et Venezuela).
Donald Trump précise d’ailleurs sa pensée au sujet de certains de ces pays, dont la Somalie, qu’il qualifie de « pays de merde ». « Leur pays ne vaut rien pour une raison ou une autre », lance-t-il dans une violente diatribe aux accents xénophobes. « Leur pays est pourri, et nous ne voulons pas d’eux chez nous ». Les ressortissants somaliens sont qualifiés de « déchets ».
Début décembre, l’administration Trump va encore plus loin et suspend toutes les demandes d’immigration provenant de 19 pays (dont les douze qui n’avaient déjà plus le droit de se rendre aux États-Unis) jugés à haut risque quelques jours après une fusillade mortelle à Washington impliquant un ressortissant afghan.
Concernant le mur le long de la frontière mexicaine, dont la construction a été entamée lors de son premier mandat, Donald Trump a également promis de le poursuivre. Un mur devenu le symbole de son premier mandat mais stoppé en janvier 2021 quand Joe Biden lui a succédé à la Maison Blanche.
À l’été 2025, le Congrès accorde 46 millions de dollars supplémentaires (39 millions d’euros) pour la construction de ce mur – il sera d’ailleurs repeint en noir sur ordre de Donald Trump qui considère que cela le rendra plus chaud et donc impossible à franchir.
3 – Mettre fin à la guerre en Ukraine
« Si je suis élu président, je vais régler cette guerre en une journée, vingt-quatre heures », tonitruait Donald Trump en mai 2023 sur CNN. Mais un an après le début de son mandat, la guerre n’est toujours pas réglée.
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a été reçu à plusieurs reprises à la Maison Blanche – l’une de ces rencontres a d’ailleurs tourné au fiasco – Donald Trump a également rencontré Vladimir Poutine en août dernier en Alaska, mais si Washington multiplie les rencontres, la recherche d’un compromis reste difficile. Et sur le front, l’armée russe continue d’avancer lentement malgré des pertes considérables.
Plusieurs séries de discussions ont été menées, notamment en Arabie Saoudite, en Turquie, en Suisse, à Moscou et en Floride. Mais le plan de paix proposé en fin d’année dernière par les Américains, jugé trop favorable au Kremlin, a suscité une vive controverse, certains estimant qu’il aurait été soufflé par les Russes.
4 – Réformer le droit du sol
Donald Trump a promis de réformer le droit du sol – il l’avait déjà évoqué durant sa première campagne présidentielle. Et c’est l’un des premiers décrets qu’il signe le 20 janvier: le président américain annonce que les enfants nés sur le sol américain de parents en situation irrégulière ou en séjour temporaire ne se verraient plus conférer automatiquement la citoyenneté américaine.
Le principe du droit du sol est appliqué depuis plus de cent-cinquante ans aux États-Unis, un droit consacré par le 14e amendement de la Constitution. Celui-ci prévoit que « toutes les personnes nées ou naturalisées aux États-Unis et soumises à leur juridiction, sont citoyennes des États-Unis’, indépendamment du statut migratoire de leurs parents.
Le décret de Donald Trump a immédiatement été attaqué en justice par 22 États et plusieurs associations de défense des droits civiques estimant qu’il contrevenait à la Constitution.
Mais début décembre, la Cour suprême américaine a accepté d’examiner la constitutionnalité du décret de Donald Trump. La plus haute juridiction du pays a en effet le pouvoir de juger la constitutionnalité des lois. Or, parmi ses neuf juges qui la composent (et qui sont nommés à vie), six sont républicains – dont trois nommés par Donald Trump lors de son précédent mandat.
5 – Pardonner aux émeutiers du 6 janvier
C’est une promesse qu’il a répétée à plusieurs reprises: accorder sa grâce présidentielle aux émeutiers du Capitole. Donald Trump les a d’ailleurs désignés comme les « otages du 6 janvier emprisonnés à tort ». Dans un entretien au Time début janvier 2025, il va même plus loin: il assure qu’il le fera « dès la première heure » ou même dans « les neuf premières minutes » de sa présidence. Chos
Donald Trump a régulièrement minimisé la gravité de l’assaut du 6 janvier, décrivant cette date comme une « journée d’amour » et de « débordement d’affection » à son égard. Sans surprise, le 20 janvier 2025, au premier jour de son mandat, il gracie plus de 1500 assaillants.
Pour rappel, le 6 janvier 2021, alors que Donald Trump a perdu l’élection présidentielle et conteste les résultats, il incite ses partisans à « reprendre (leur) pays ». Des émeutiers pro-Trump prennent alors d’assaut le Capitole de Washington et interrompent le vote de certification au Congrès de l’élection de Joe Biden à la présidence des États-Unis. Plus de 1600 personnes sont arrêtées et inculpées, dont plus de 1270 condamnées – pour certaines à des peines allant jusqu’à vingt-deux ans de prison.
6 – Relancer l’exploitation pétrolière et gazière
C’est l’un des slogans que Donald Trump a martelé en boucle durant sa campagne: « Drill baby drill » (soit en français « fore bébé fore »). Sa volonté est claire: augmenter la production pétrolière et gazière aux États-Unis en assouplissant les restrictions sur les forages.
Lors de son investiture, Donald Trump affirme que les États-Unis vont redevenir « une nation riche, et c’est l’or liquide qui se trouve sous nos pieds qui nous y aidera ». Il proclame l’état d’urgence énergétique et signe l’ordre exécutif amenant à « libérer l’énergie américaine ».
L’administration Trump prévoit ainsi de relancer les forages pétroliers et gaziers au large de la Californie et dans le golfe du Mexique – rebaptisé « golfe d’Amérique » par Donald Trump. Les forages sont pourtant limités dans l’État de Californie et aucun nouveau bail n’a été accordé depuis le milieu des années 1980.
Concrètement: 34 concessions pourraient être ouvertes au forage dans une zone vierge qui n’a jamais été forée auparavant. Au total, plus de 500 millions d’hectares seraient accessibles à l’industrie pétrolière et gazière, une surface équivalente à celle de l’Amazonie.
Le ministre de l’Intérieur américain, Doug Burgum, chargé de la gestion des terres fédérales, a également annoncé la possibilité d’exploiter jusqu’à 82% de la réserve nationale de pétrole en Alaska où un immense gazoduc pourrait être construit d’ici 2030. Pour les opposants, ces projets pourraient avoir des conséquences catastrophiques pour l’environnement.
Un an après son retour au pouvoir, le « Drill Baby Drill » ne s’est pas encore concrétisé, pointe la revue de géopolitique Le Grand Continent: le nombre de plateformes de forage de pétrole et de gaz a baissé aux États-Unis. L’Administration américaine d’information sur l’énergie a par ailleurs estimé que la production pétrolière devrait diminuer de 80.000 barils par jour (pour un total de 13,53 millions contre 13,61 en 2025) en 2026.
Les États-Unis, premier producteur mondial de pétrole et de gaz, sont le deuxième plus gros émetteur mondial de gaz à effet de serre.
7 – Augmenter les droits de douane
L’augmentation massive des droits de douane fait pleinement partie du programme économique du candidat républicain, résumé sous le slogan « Make America Great Again » (« rendre sa grandeur à l’Amérique », en français). Durant sa campagne, Donald Trump propose ainsi de taxer 10 à 20% en plus l’importation de produits étrangers, avec une surtaxe de 60% sur les produits chinois, voire 200% sur les voitures chinoises afin qu’elles soient « invendables aux États-Unis ».
Avant même que Donald Trump ne soit élu, des économistes alertent sur le risque d’une telle politique protectionniste. « Il est légitime de craindre que Donald Trump ravive cette inflation », mettent en garde seize économistes, lauréats du prix Nobel.
Mais peu après son investiture, Donald Trump annonce la mise en place pour le 1er février 2025 de droits de douane de 25% sur les importations venant du Canada et du Mexique et de 10% supplémentaires sur les importations venant de Chine.
C’est le début d’une nouvelle guerre commerciale: 20% pour « l’Europe qui nous arnaque », 40% pour le Brésil, 50% pour l’Inde. Aux droits de douanes imposés par Donald Trump, les pays répondent par de nouveaux droits de douane. C’est l’escalade. L’Inde riposte par exemple en suspendant ses projets d’achats militaires auprès des États-Unis.
Puis Donald Trump en suspend pendant quatre-vingt-dix jours tout en augmentant ceux de la Chine à 125%. Et rétropédale. Sous pression pour faire baisser le coût de la vie pour les Américains, il annule des droits de douane qu’il avait lui-même imposés sur des produits comme le café, les avocats ou le boeuf importés.
Car cette guerre commerciale n’est pas sans effet pour les Américains. Les agriculteurs, par exemple, sont directement touchés avec la chute des achats chinois de soja américain, mesure de rétorsion décidée par Pékin.
Si le déficit américain a légèrement reculé (de 6,3% à 5,9% du PIB) grâce aux droits de douane records générés par l’offensive protectionniste – les recettes douanières ont plus que doublé (+142%) pour atteindre 202 milliards de dollars (172 milliards d’euros) en septembre 2025 contre 84 milliards un an plus tôt – l’inflation a quant à elle augmenté.
Plusieurs recours contestant la légalité des droits de douane imposés par le président américain ont été déposés auprès de la Cour suprême. Le 12 janvier 2026, Donald Trump a prévenu qu’une annulation de ces droits ordonnée par la justice conduirait à « un désordre pas possible ». « Notre pays ne serait pas en capacité de rembourser », a-t-il déclaré.
8 – Vaincre l’inflation
Donald Trump a été réélu en assurant qu’il améliorerait le pouvoir d’achat des Américains. « À partir du jour où je prêterai serment, je ferai rapidement baisser les prix et nous rendrons l’Amérique à nouveau abordable », déclarait Donald Trump.
Les États-Unis ont terminé 2025 avec une inflation de 2,7% sur un an, un rythme stable par rapport à novembre et en atténuation par rapport à décembre 2024 (2,9%). Mais la courbe a aussi fait le yo-yo. Si l’inflation était en net ralentissement jusqu’en avril (2,3%), le taux d’inflation est reparti à la hausse après la vague de nouveaux droits de douane. Et pour les Américains, la hausse de la facture des dépenses courantes a été continue.
Certains catégories de produits marquent même des hausses « significatives » sur un an: les dépenses de santé (+2,9%), l’équipement pour la maison (+4,6%) ainsi que les voitures et camions d’occasion (+3,6%). Le prix du gaz a lui augmenté de 10,8% sur la période et l’électricité de 6,7%. Le gouvernement Trump met, au contraire, systématiquement en avant la baisse des prix à la pompe (-3,4%).
9 – Supprimer le ministère de l’Éducation
Il en a fait une affaire personnelle: s’il est élu, Donald Trump supprimera le ministère de l’Éducation, promet-il durant sa campagne. « Nous allons le fermer et le fermer le plus rapidement possible. »
Ce ministère, créé en 1979 sous la présidence de Jimmy Carter, a régulièrement été remis en cause par les Républicains. La droite américaine accuse les écoles publiques d’endoctriner les enfants en diffusant des idées dites « woke », un terme péjoratif utilisé pour dénoncer aussi bien des politiques de promotion de la diversité que des courants de recherche universitaire sur le genre ou les discriminations raciales.
Un exemple: en un an, plus de 10.000 livres auraient été retirés des bibliothèques d’écoles publiques américaines. Des livres écrits par ou sur des personnes LGBTQ+, des autochtones et des personnes de couleur.
Aux États-Unis, contrairement à la France, l’Éducation n’est pas centralisée mais gérée au niveau national par les États. Mais ce ministère a tout de même un rôle important, notamment dans l’attribution de subventions aux écoles, d’aides aux enfants handicapés mais aussi dans la réalisation de travaux de recherches sur l’éducation.
Le 20 mars 2025, le président des États-Unis signe donc un décret qui vise à démanteler le département de l’Éducation, une signature qui a lieu dans un salon de la Maison Blanche transformé en salle de classe. Les effectifs du ministère sont réduits de moitié.
Ce décret s’inscrit dans une série de mesures plus larges dont l’objectif est de réduire le rôle du gouvernement fédéral et de couper dans les dépenses publiques. Mais pour démanteler ce ministère, Donald Trump a besoin du vote du Congrès.
Si une vingtaine d’États et des syndicats d’enseignants ont contesté en justice ce décret et qu’un juge leur a donné raison, la Cour suprême a cependant autorisé Donald Trump à poursuivre son démantèlement.
10 – Abroger un mandat sur les voitures électriques
Durant sa campagne, Donald Trump promet de mettre fin aux quotas de voitures électriques imposés par l’administration Biden. « Je mettrai fin au mandat des véhicules électriques dès le premier jour », déclare-t-il. Juste après avoir prêté serment, le 47e président des États-Unis signe donc un décret qui met fin à ces quotas de voitures électriques, qualifiées de « nouvelle arnaque verte ».
Sauf qu’aucune règlementation contraignante n’a jamais été imposée par la précédente administration. L’administration Biden souhaitait développer les ventes de voitures électriques aux États-Unis, notamment pour respecter les objectifs de réduction de pollution de l’agence environnementale américaine, et atteindre 50% de ventes de celles-ci en 2030.
Pour Donald Trump, ce décret s’inscrit avant tout dans une dynamique climatosceptique plus globale. Dès son premier jour dans le Bureau ovale, il a d’ailleurs de nouveau signé un décret faisant sortir les États-Unis de l’accord de Paris sur le climat, une « escroquerie injuste », selon lui.
Article original publié sur BFMTV.com

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