Olivier Mantei est le directeur général de la Cité de la musique – Philharmonie de Paris depuis 2021. Alors que l’établissement culturel public est confronté à des appels au boycott liés à des enjeux politiques mondiaux, il clarifie la ligne de la Philharmonie, entre refus de l’autocensure et sauvegarde de la liberté artistique.
Comment avez-vous vécu la période de crise qui a succédé aux incidents du concert de l’Orchestre philharmonique d’Israël du 6 novembre 2025 ?
Elle a été très éprouvante pour les équipes de la Philharmonie de Paris. La situation à Gaza suscite une indignation légitime et l’on voit bien, à l’échelle de la société, à quel point le dialogue est difficile depuis le 7 octobre 2023. Tout cela nous dépasse très largement et il faut absolument, dans un tel contexte, avoir en tête le rôle et le pouvoir de chacun. Nous sommes un établissement culturel public, c’est à ce titre et dans ce périmètre que nous pouvons nous exprimer et agir. En interne, nous avons eu des discussions en amont et avons tout fait pour préserver le dialogue ensuite, dans le respect de positions et d’opinions qui sont, à la Philharmonie comme ailleurs, diverses. Il en va de même chez les artistes que nous accueillons régulièrement : certains ont soutenu et relayé les appels au boycott, d’autres ont signé la tribune-pétition contre le boycott. Dans les deux cas, c’est leur liberté. C’est aussi celle du pianiste Andras Schiff, qui jouait ce soir-là, de ne plus vouloir se produire aux Etats-Unis en raison de certains aspects de la politique menée par Donald Trump. Je crois qu’il faut réussir à prendre du recul et réfléchir collectivement, y compris au-delà de la Philharmonie, aux questions soulevées par cette séquence.
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