- Les études montrent que les femmes ont un quotient émotionnel plus élevé que les hommes.
- Les filles apprennent davantage à verbaliser et comprendre leurs émotions dès leur enfance.
- À l’âge adulte, cette tendance peut se traduire par une charge mentale et affective accrue pour elles.
Étudiée depuis plus de trente ans, l’intelligence émotionnelle est de plus en plus évoquée aujourd’hui et pourtant mal comprise. Cette notion désigne la capacité à écouter, observer et réguler ses propres émotions, mais également celles des autres. Une émotion est une information et aucune n’est bonne ou mauvaise, que ce soit la tristesse, la joie, la colère ou encore la frustration. On a tendance à dire que les femmes sont plus à l’écoute de leurs émotions et que sur ce domaine, elles sont plus intelligentes que les hommes. Vrai ou faux ? « Je me suis longtemps posé la question et j’ai longtemps pensé que l’on était égaux face à ça, mais statistiquement parlant, au niveau de la population, on a observé sur les études que globalement les femmes avaient un niveau d’intelligence émotionnelle plus élevé »,
explique à TF1info Christophe Haag, professeur HDR à EMLYON Business School, chercheur en psychologie sociale, expert en intelligence émotionnelle et cofondateur de Génération QE.
Et il y a plusieurs raisons qui expliquent cela. D’une part, « l’éducation joue un rôle »,
nous explique le psychologue Pascal Anger. « Chez les hommes, on est plus sur l’action et chez les femmes beaucoup plus dans l’acceptation de leur émotionnel. On accepte moins chez les hommes même si au niveau éducatif, on a quand même fait beaucoup d’efforts, mais malgré tout, il y a une différence qui, je pense, qui continue à persister dans l’éducation garçon-fille ».
Les filles sont plus encouragées à écouter, verbaliser, compatir, accepter, tandis qu’on apprend plus souvent aux garçons à nier ou à contenir leurs émotions parce qu’après tout, « les hommes ne pleurent pas ». « Ça reste encore comme un héritage de l’éducation émotionnelle »,
déplore Christophe Haag. Pour Pascal Anger, l’enjeu, sur le plan émotionnel, est de mettre les choses à niveau dès l’enfance, car plus on est dans la prévention et plus chacun va pouvoir être en « harmonie avec soi-même et identifier ce qui se passe pour chacun d’entre nous ».
Le tsunami émotionnel de l’adolescence
Christophe Haag avance une autre raison qui peut expliquer l’intelligence émotionnelle plus élevée chez les femmes : le bouleversement émotionnel et hormonal que traversent les filles à la puberté. Selon le chercheur, une véritable différence s’opère vers l’âge de douze ans. Avant, filles et garçons possèdent le même niveau d’intelligence émotionnelle. Et à l’adolescence, elles traversent des « tsunamis émotionnels ».
Il poursuit : « Ce n’est pas agréable, mais quelque part, les jeunes filles sont plus tôt entraînées à la régulation d’émotions intenses »
. Résultat : il y a une précocité dans l’appréhension et la compréhension des émotions puisqu’elles sont plus préparées à ressentir des émotions à haute dose « qui vont dans tous les sens
« .
Et cette préparation à haut niveau leur a donné des armes à la vie adulte. Mais les capacités d’écoute, d’observation,et d’empathie ont un revers. Aujourd’hui, de plus en plus de femmes se trouvent accablées par la charge mentale, mais aussi par la charge affective de leur partenaire. En plus de gérer la logistique, elles doivent combler leur manque social et assurer la maintenance émotionnelle. Problème : si elles jouent les thérapeutes, c’est parce qu’on attend d’elles qu’elles remplissent ce rôle. Et, quand elles se confient à leur partenaire, elles se retrouvent souvent face à un mur, parce qu’ils ne savent pas faire (ou ne veulent pas faire). Pourtant, élever l’intelligence émotionnelle, c’est une manière de partager non seulement la charge mentale, mais également affective. D’où cette recherche de partenaire plus intelligent émotionnellement. « C’est plutôt une bonne chose de pouvoir faire vivre son côté féminin comme son côté masculin, le yin et le yang. Et on n’a pas à rougir quand on est un homme d’avoir un quotient émotionnel très fort. Au contraire
« , conclut Pascal Anger.










