A l’occasion des 25 ans de Wikipédia, la fondation Wikimédia, qui finance et héberge l’encyclopédie collaborative, a rendu publique jeudi 15 janvier une série de partenariats avec de grandes entreprises du secteur de l’intelligence artificielle (IA) comme Meta, Microsoft, Amazon, Perplexity et la française Mistral AI.
Ces accords ont été conclus au cours de l’année passée et permettront à ces sociétés d’accéder aux contenus de Wikipédia avec « un volume et à une vitesse conçus spécifiquement pour leurs besoins », a précisé la fondation à l’agence Associated Press (AP).
Wikipédia, avec ses plus de 65 millions d’articles rédigés dans près de 300 langues, est une mine d’or pour les entreprises d’IA, qui s’en servent pour entraîner leurs grands modèles de langage. Mais le passage incessant sur l’encyclopédie de leurs « bots », ces programmes chargés de ratisser le Web pour en extraire des données, pèse lourd sur l’infrastructure de Wikipédia et lui coûte de l’argent.
Des visiteurs en moins sur Wikipédia
De plus, l’utilisation grandissante, par les internautes, des chatbots comme moteurs de recherche fait diminuer le nombre de visiteurs. La fondation Wikimédia avait ainsi estimé, en octobre dernier, avoir perdu 8 % de « trafic humain » en un an. Avec ces accords, dont le montant n’a pas été divulgué, ces entreprises « contribueront à assurer la pérennité de Wikipédia », peut-on lire dans le communiqué de la fondation.
Celle-ci, par l’intermédiaire de sa branche commerciale Wikimedia Enterprise, avait déjà mené quelques partenariats similaires par le passé, notamment avec Google en 2022, et avec de plus petits acteurs de l’IA comme Ecosia.
« Je suis personnellement très heureux que les modèles d’IA s’entraînent sur les données de Wikipédia, parce qu’elles viennent des humains », a déclaré Jimmy Wales, cofondateur de Wikipédia, à l’AP. « Je n’aimerais vraiment pas utiliser une IA entraînée uniquement sur X, ce serait une IA très énervée », a-t-il poursuivi, en référence au réseau social d’Elon Musk, qui sert notamment de base à Grok, l’IA générative du milliardaire, au cœur de nombreuses polémiques.












