Après plusieurs jours d’une contestation sanglante dans les rues iraniennes, le président américain, Donald Trump, a affirmé, mercredi 14 janvier, que la répression des manifestants par les autorités du pays était terminée. « Nous avons été informés par des sources très importantes de l’autre côté, et elles ont dit que les tueries ont pris fin », a déclaré le républicain lors d’un événement à la Maison Blanche.
Selon le ministre des affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi, interrogé par la chaîne américaine Fox News, « le calme règne » à présent dans le pays, et les autorités ont le « contrôle total » de la situation. Parallèlement, le ministre de la justice, Amin Hossein Rahimi, a déclaré que, pour le régime, « tout individu présent dans les rues depuis le 8 janvier est sans aucun doute considéré comme un criminel ».
Donald Trump a également affirmé que, selon ses mêmes sources, les exécutions prévues de manifestants n’auraient finalement « pas lieu ». Selon l’ONG Hengaw, basée en Norvège, la pendaison d’un Iranien de 26 ans arrêté au cours des manifestations, Erfan Soltani, prévue mercredi, a été reportée mais sa vie reste en danger. Il n’y aura « pas de pendaison [mercredi] ou [jeudi] », a avancé Abbas Araghtchi.
Au moins 3 428 manifestants tués
La Maison Blanche entretient toujours le flou sur une éventuelle intervention militaire américaine sur le territoire iranien. « On observera ça et on verra quelle est la suite », a déclaré Donald Trump qui a menacé plusieurs fois d’intervenir pour mettre fin à la répression du mouvement de contestation, l’un des plus importants depuis la proclamation de la République islamique en 1979.
Selon le dernier bilan de l’ONG Iran Human Rights (IHR), également sise en Norvège, au moins 3 428 manifestants ont été tués depuis le début du mouvement, le 28 décembre. « Ce chiffre est un minimum absolu », avertit l’organisation, qui fait aussi état de plus de 10 000 arrestations.
De leur côté, les autorités iraniennes ne fournissent pas de bilan officiel à ce stade, l’identification des victimes étant toujours en cours, a précisé un autre haut responsable.
Des procès « rapides » et « publics »
Avant les propos de Donald Trump, les défenseurs des droits humains avaient exprimé leur inquiétude face à de potentielles exécutions sommaires organisées par la théocratie chiite.
A Téhéran, le pouvoir judiciaire a promis des procès « rapides » et « publics ». « Toute société peut s’attendre à des manifestations, mais nous ne tolérerons pas la violence », a insisté, mercredi, un responsable gouvernemental devant quelques journalistes, affirmant qu’aucune nouvelle « émeute » n’avait eu lieu depuis lundi.
« L’Iran n’a jamais vu un tel niveau de destruction », a déclaré le chef d’état-major de l’armée, Abdolrahim Moussavi, en référence aux actes de violence survenus lors des manifestations.
Le Conseil de sécurité des Nations unies prévoit de se réunir jeudi, à la demande des Etats-Unis, pour « un briefing sur la situation en Iran », a annoncé un porte-parole de la présidence somalienne.
La répression pourrait être « la plus violente » de l’histoire contemporaine de ce pays, a déploré, mercredi, le ministre des affaires étrangères français, Jean-Noël Barrot, exhortant les autorités à y mettre fin « impérativement ».
Internet coupé depuis une semaine
Après un pic de manifestations en fin de semaine dernière, les autorités ont tenté de reprendre le contrôle de la rue en organisant une « marche de résistance nationale » et les funérailles de plus de 100 membres des forces de sécurité et autres « martyrs » tués. Des banderoles proclamant « mort à l’Amérique » et des photos du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, émergeaient de la foule, selon un journaliste de l’Agence France-Presse, de même qu’une photo montrant Donald Trump, le visage ensanglanté, lors d’une tentative d’assassinat dont il a été victime en 2024, avec la légende : « Cette fois il ne manquera pas sa cible ».
Si M. Araghtchi a dit que Téhéran était ouvert à la diplomatie, d’autres responsables ont durci le ton, mercredi, envers les Etats-Unis et Israël. L’Iran est prêt à riposter « de manière décisive » à toute attaque, a notamment averti le chef des gardiens de la révolution, Mohammad Pakpour.
Devant ces « tensions régionales », le Qatar a fait état du départ d’une partie du personnel de la base américaine d’Al-Udeid, la plus importante au Moyen-Orient. En parallèle, le Royaume-Uni a annoncé avoir « fermé temporairement » son ambassade à Téhéran, tandis que l’Espagne et l’Inde ont appelé leurs ressortissants à quitter l’Iran.
Internet était toujours coupé mercredi dans ce pays de près de 86 millions d’habitants, pour le septième jour consécutif, entravant l’accès aux informations. Les communications téléphoniques restaient limitées.












