Ces dernières années, le premier ministre hongrois, Viktor Orban, et son parti, le Fidesz, ont instauré une série de mesures destinées à relancer la natalité, qui se sont avérées coûteuses et néfastes pour l’autonomie économique des femmes, explique Andrea Peto, historienne spécialiste des études de genre et de l’illibéralisme à l’université d’Europe centrale de Vienne, en Autriche. Dans un nouvel ouvrage sur le sujet, Orban Viktor nougyei (« les affaires de Viktor Orban avec les femmes », Womanpress, non traduit), écrit avec la journaliste Balazs Zsuzsanna, elle détaille comment l’érosion de l’égalité des genres va de pair avec celle des droits démocratiques. Et pourquoi cette tendance se propage aujourd’hui dans d’autres pays.
Vous expliquez, dans votre ouvrage, que la politique nataliste de Viktor Orban a remodelé les lois et réduit l’autonomie des femmes. Comment ?
Depuis l’arrivée au pouvoir du Fidesz, il y a quinze ans, les droits reproductifs – soit le droit légal à la contraception, à l’avortement, aux traitements de fertilité, à l’information sur son propre corps… – ont été réduits et la participation des femmes au marché du travail a été refaçonnée par une approche familialiste. La nouvelle Constitution, adoptée en 2011, définit le mariage comme l’union « entre un homme et une femme » et met l’accent sur la « protection de la vie fœtale dès la conception ». Cela a eu des conséquences directes sur l’accès à l’avortement [si l’interruption volontaire de grossesse reste formellement légale dans certains cas, un décret impose, depuis 2022, aux femmes souhaitant avorter d’écouter les battements cardiaques du fœtus avant la procédure].
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