Le 31 mars 2025, le tribunal correctionnel de Paris rend son jugement de première instance dans l’affaire des assistants parlementaires du Front national (devenu Rassemblement national, RN) et reconnaît – notamment – Marine Le Pen coupable de détournement et de complicité de détournement de fonds publics. La présidente du RN est ainsi condamnée à quatre ans de prison, dont deux ferme, à 100 000 euros d’amende et à cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, c’est-à-dire prenant effet immédiatement, malgré la décision d’interjeter appel annoncée immédiatement par l’intéressée.
Cet article est tiré du « Bilan du Monde, édition 2026 », janvier-mars 2026, en vente en kiosque ou par Internet sur le site de notre boutique.
Cette décision judiciaire constitue un véritable séisme politique dans la mesure où elle risque de rendre impossible la prochaine candidature de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, conduisant nombre d’observateurs à se demander si trois magistrats peuvent légitimement avoir entre leurs mains le destin d’une personnalité politique de tout premier plan et la configuration même de la prochaine grande échéance électorale française.
A l’issue d’une instruction qui durera presque cinq ans, le Parquet national financier requiert le renvoi en correctionnelle de Marine Le Pen et d’une vingtaine d’autres prévenus. Le procès en première instance débute à Paris le 30 septembre 2024, dure plusieurs semaines et aboutit à un jugement rendu le 31 mars 2025.
Imperméables à toute considération d’opportunité politique, les juges se prononcent d’abord sur la matérialité des faits, considérant qu’il y avait bien détournement de fonds publics puisque, entre 2004 et 2016, des assistants parlementaires étaient payés par le Parlement européen pour exercer des missions politiques en France, en vertu d’une pratique jugée systématique et organisée. Sur la responsabilité personnelle de Marine Le Pen, ils estiment qu’en tant que présidente du RN et eurodéputée elle a validé ou toléré ces pratiques illégales.
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