- Lors de son discours annuel devant les ambassadeurs français, le président français a ciblé directement Donald Trump.
- Selon lui, Washington « se détourne progressivement » de certains alliés et « s’affranchit des règles internationales ».
- Le week-end passé, les États-Unis ont capturé et exfiltré le dirigeant vénézuélien Nicolas Maduro, produisant une onde de choc internationale.
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Venezuela : Nicolas Maduro capturé par les États-Unis
Après avoir été vivement critiqué pour ne pas avoir condamné la capture du Vénézuélien Nicolas Maduro (nouvelle fenêtre) par les États-Unis, Emmanuel Macron avait finalement critiqué la « méthode utilisée »
(nouvelle fenêtre), lundi 5 décembre. Ce jeudi, il a encore monté le ton : le président français a fustigé « le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme »
dans les relations internationales, visant notamment la politique étrangère de Donald Trump. Washington « se détourne progressivement »
de certains alliés et « s’affranchit des règles internationales »
, a-t-il cinglé dans son discours annuel devant les ambassadeurs français.
« Nous refusons le nouveau colonialisme et le nouvel impérialisme »
, mais « nous refusons aussi la vassalisation et le défaitisme »
, a-t-il lancé dans la salle des fêtes de l’Elysée. « Nous évoluons dans un monde de grandes puissances avec une vraie tentation de se partager le monde »
, a-t-il ajouté. Une référence notamment au coup de force mené par Washington pour capturer le président vénézuélien Nicolas Maduro (nouvelle fenêtre) dans la nuit du vendredi 2 au samedi 3 janvier, et aux revendications répétées du président américain visant le Groenland (nouvelle fenêtre).
Une « agressivité néocoloniale » de plus en plus présente
S’il a critiqué à la fois la Chine et son « agressivité commerciale de plus en plus désinhibée »
, et la Russie « puissance de déstabilisation »
en Ukraine, ce sont ses commentaires sur les États-Unis qui ont été les plus marquants. Il a critiqué une puissance qui « se détourne progressivement de certains de ses alliés et
s’affranchit des règles internationales
(nouvelle fenêtre) qu’elle promouvait encore récemment »
, évoquant aussi une « agressivité néocoloniale »
de plus en plus présente.
Il y a un an, le chef de l’État avait déjà pourfendu une « internationale réactionnaire »
soutenue par le milliardaire Elon Musk, mais avait défendu la nécessité pour la France et l’Europe de « savoir coopérer »
avec Donald Trump. Cette année, il est allé plus loin dans la critique de la diplomatie trumpiste, sans néanmoins plaider la rupture avec la première puissance mondiale.
Il a toutefois exhorté ses diplomates à ne pas se contenter d’être « les commentateurs »
de ce que « font tous les autres »
, « les spectateurs de ce qui se détricote »
. « C’est l’inverse ! On n’est pas là pour commenter, on est là pour agir ! »
, a-t-il martelé. « Ce que nous avons réussi à faire pour la France et en Europe est allé dans le bon sens »
en termes « d’autonomie stratégique »
accrue face aux États-Unis et à la Chine, en matière commerciale comme de sécurité (nouvelle fenêtre), a-t-il seulement souligné.
Il a aussi exhorté à « défendre »
et « consolider »
la régulation européenne du secteur de la tech qui est la cible des États-Unis, après les sanctions américaines visant l’ex-ministre français Thierry Breton qui en a été l’architecte à la Commission européenne. Le président a plus généralement défendu, en réponse à ce « monde qui se dérègle »
, ce qu’il appelle un « multilatéralisme efficace »
. Et il a plaidé pour que les grandes puissances du G7, un cénacle présidé cette année par la France, s’unissent avec les grands pays émergents pour réformer la gouvernance mondiale et l’ONU.











