Ali Shamkhani, un conseiller du Guide suprême iranien, a déclaré, vendredi 2 janvier, que toute intervention américaine en Iran constituerait une « ligne rouge » et serait suivie d’une « riposte », en réaction à une déclaration de Donald Trump assurant que les Etats-Unis pourraient venir « au secours » des manifestants iraniens.
« Toute main interventionniste qui s’en prendrait à la sécurité de l’Iran, sous quelque prétexte que ce soit, s’exposera à une riposte », a écrit Ali Shamkhani sur le réseau social X. « La sécurité de l’Iran est une ligne rouge », a ajouté ce conseiller du Guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, ultime décideur. Un autre conseiller du Guide suprême iranien, Ali Larijani, avait également mis en garde le président américain : « Toute ingérence américaine dans cette affaire interne équivaudrait à déstabiliser toute la région et à nuire aux intérêts américains », avait-il averti.
Un peu plus tôt vendredi, le président américain avait affirmé sur son réseau, Truth Social : « Si l’Iran tire sur des manifestants pacifiques et les tue violemment, comme à son habitude, les Etats-Unis d’Amérique viendront à leur secours. » « Nous sommes prêts, armés et parés à intervenir », a-t-il ajouté.
Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre
Des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre ont fait six morts jeudi en Iran, les premiers depuis le début d’une mobilisation contre la vie chère dans le pays. Trente personnes accusées de « troubles à l’ordre public » ont également été arrêtées à Téhéran, a fait savoir jeudi soir l’agence Tasnim, alors qu’aucun incident dans la capitale n’avait été officiellement rapporté par les autorités au cours des derniers jours.
Le mouvement est parti dimanche de Téhéran, où des commerçants ont fermé boutique pour protester contre l’hyperinflation et le marasme économique. Il a ensuite gagné des universités et le reste du pays. Dans plusieurs provinces, les manifestations ont pris une tournure violente.
La monnaie nationale, le rial, a perdu depuis un an plus d’un tiers de sa valeur face au dollar, tandis qu’une inflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d’achat des Iraniens. Certains produits de première nécessité deviennent, de fait, inabordables pour une partie de la population, qui pâtit des sanctions internationales contre l’Iran depuis quatre décennies.
Le mouvement de protestation contre la vie chère est, à ce stade, sans commune mesure avec celui qui avait secoué l’Iran à la fin de 2022, à la suite de la mort, en détention, de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire. Une vague de manifestations s’était ensuivie, au cours desquelles plusieurs centaines de personnes, dont des dizaines de membres des forces de sécurité, avaient trouvé la mort.








