Le député La France insoumise (LFI) du Val-d’Oise Carlos Martens Bilongo a été critiqué par plusieurs élus de droite et d’extrême droite, jeudi 1er janvier, après la diffusion d’extraits d’une émission pendant laquelle l’élu pointait une supposée « pauvreté intellectuelle » des habitants du nord de la France.
Invité de l’émission « La Librairie africaine », sur YouTube, mercredi 23 décembre, le député s’y entretenait avec le chroniqueur Ludovic-Hermann Wanda et l’avocat Mbeko Tabula. Lors d’une discussion au sujet du racisme, les trois intervenants déplorent le manque de connaissance, en France, de la présence de soldats africains dans l’armée française et à ses côtés lors de la seconde guerre mondiale et pendant la campagne de libération de la France occupée par l’armée allemande.
« Quand ils ont été à l’école, on ne leur a pas dit que c’est grâce à des [soldats] arabes et noirs qu’on a pu de manière significative libérer leur pays », déclare M. Tabula. « Le savoir, tout le monde ne l’a pas, mais les racistes le savent sciemment », lui répond Carlos Martens Bilongo. « Le Français lui-même, raciste ou non, ne connaît pas l’histoire de France », insiste Mbeko Tabula. « Ah oui, parce que, déjà, le raciste est très bête aussi (…). Il y a eu des ouvrages là-dessus, sur les tactiques par rapport au racisme. C’est dans les territoires où les gens n’ont pas de diplômes, là où tu as une pauvreté intellectuelle dans les territoires, le nord de la France, etc., [que] les racistes sont en avant », commente alors le député.
Extraits en ligne
Si l’émission a depuis été supprimée, des extraits sont toujours visibles sur les réseaux sociaux. Ce qui n’a pas échappé à Xavier Bertrand, le président Les Républicains (LR) de la région Hauts-de-France. « Après Jean-Luc Mélenchon, c’est maintenant l’un de ses députés qui s’attaque aux gens du Nord. Nous n’avons aucune leçon à recevoir d’eux : les insultes de @BilongoCarlos ne méritent que du mépris de la part des habitants des Hauts-de-France », a-t-il fustigé, mercredi 31 décembre, sur X, dénonçant « une stratégie assumée de la France insoumise, qui est celle de tous les extrêmes : diviser, opposer les uns aux autres pour créer le chaos ». Sébastien Chenu, député du Rassemblement national du Nord et vice-président de l’Assemblée nationale, a, lui, critiqué le « mépris » de son collègue parlementaire.
Quelques jours auparavant, au cours de cette même émission, Carlos Martens Bilongo avait déjà fait parler de lui, en suggérant que Rachida Dati, ministre de la culture et candidate investie par LR à la Mairie de Paris, avait progressé dans sa carrière politique en profitant d’« une promotion canapé, ou en couchant avec des hommes ». « Chacun ses moyens », avait-il lancé, sous les rires des autres invités.
Trois jours plus tard, évoquant « un devoir d’exemplarité », il s’était excusé sur X pour ces déclarations. « Je regrette les propos sexistes que j’ai employés, qui ne reflètent absolument pas les principes qui doivent être les nôtres, ni le respect qui est dû aux femmes engagées en politique, quelles que soient leurs sensibilités », avait-il écrit.










