L’essayiste Raphaël Llorca, qui a publié, le 17 décembre, une longue enquête consacrée à Patrick Sébastien, « Le “Grand Bluff” : politique de Patrick Sébastien », dans la revue Le Grand Continent, estime que le chanteur incarne une inflexion du populisme, avec son dispositif artisanal et presque anachronique, à rebours des « ingénieurs du chaos » décrits par Giuliano da Empoli, et l’invention d’une sorte de « dégagisme festif ».
Le chanteur et ex-animateur de télévision Patrick Sébastien vient d’annoncer la création d’un mouvement citoyen intitulé « Ça suffit », afin de peser sur l’élection présidentielle de 2027. Faut-il le prendre au sérieux ?
Pour appréhender l’émergence d’objets politiques de ce type, il faut lutter contre deux tentations symétriques : balayer l’initiative comme un épiphénomène voué à disparaître ou, à l’inverse, lui prêter une portée démesurée. Je préconise de le traiter comme un symptôme politique, indépendamment de ses chances de succès. « Ça suffit » dit quelque chose du besoin de nouveaux intermédiaires. Nous sommes dans un moment politique singulier, où le pouvoir apparaît comme absent – absorbé par la recherche d’équilibres parlementaires et mobilisé par le vote du budget. Dans ce contexte, les besoins et les revendications qui remontent du pays peinent à trouver un débouché.
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