Un membre des forces de l’ordre a été tué dans l’ouest de l’Iran dans la nuit du mercredi 31 décembre au jeudi 1er janvier, a annoncé la télévision d’Etat, après quatre jours de rassemblements contre la vie chère dans plusieurs villes du pays.
« Un membre du Bassidj de la ville de Kouhdasht, âgé de 21 ans, a été tué cette nuit par des émeutiers alors qu’il défendait l’ordre public », a déclaré la télévision, citant le vice-gouverneur de la province du Lorestan (Ouest), Saïd Pourali. Il s’agit de la première victime officiellement recensée depuis le début, dimanche, de ces rassemblements initialement pacifiques à Téhéran, qui se sont étendus à d’autres villes et aux universités.
Ces manifestations sporadiques contre l’hyperinflation et le marasme économique ont commencé dimanche dans le plus grand marché pour téléphones portables de Téhéran. Mardi, des étudiants ont manifesté dans des universités de la capitale et de plusieurs villes iraniennes, selon les agences de presse IRNA et ILNA. Le vice-président de l’université de Téhéran, Mohammad Reza Taghidokht, a fait savoir dans les médias que quatre étudiants avaient été arrêtés mardi, puis relâchés dans la nuit.
« Tout le monde ici se bat pour un bout de pain »
Ecoles, banques et établissements publics ont été fermés mercredi dans la quasi-totalité du pays sur décision des autorités, qui ont invoqué le froid et des économies d’énergie. La monnaie nationale, le rial, a perdu, depuis un an, plus d’un tiers de sa valeur face au dollar tandis qu’une hyperinflation à deux chiffres fragilise déjà depuis des années le pouvoir d’achat des Iraniens.
Certains produits de première nécessité deviennent, de fait, inabordables pour une partie de la population, qui pâtit des sanctions internationales contre l’Iran depuis quatre décennies. Un nouveau gouverneur de la Banque centrale, chargé de freiner l’inflation, a pris ses fonctions mercredi après la démission de son prédécesseur.
Le mouvement de protestation contre la vie chère est, à ce stade, sans commune mesure avec celui qui avait secoué l’Iran à la fin de 2022, à la suite de la mort, en détention, de Mahsa Amini, une jeune Iranienne arrêtée pour avoir prétendument enfreint le code vestimentaire. Une vague de manifestations s’étaient ensuivies, dans laquelle plusieurs centaines de personnes avaient trouvé la mort, dont des dizaines de membres des forces de sécurité.









