Plus de 41 000 migrants sont arrivés au Royaume-Uni en traversant la Manche sur de petites embarcations en 2025, un chiffre en hausse pour la deuxième année consécutive malgré les mesures du gouvernement britannique pour endiguer ces traversées clandestines.
Selon les dernières données officielles disponibles mercredi, entre le 1er janvier et le 30 décembre, 41 472 personnes ont rejoint les côtes anglaises après avoir entrepris la périlleuse traversée depuis la France. Ce chiffre est d’ores et déjà le plus élevé après celui enregistré en 2022 (45 774 arrivées), année record depuis le début du phénomène en 2018. Le total pour l’ensemble de 2025 doit être rendu public jeudi par le ministère britannique de l’Intérieur.
Ces traversées occasionnent de nombreux naufrages. Au moins 29 migrants sont morts en mer pendant l’année écoulée, selon un comptage effectué par l’Agence France-Presse (AFP) à partir de sources officielles françaises et britanniques.
La hausse du nombre des arrivées est une mauvaise nouvelle pour le gouvernement de Keir Starmer, qui a pris ses fonctions en juillet 2024 et est confronté à la montée du parti anti-immigration Reform UK de Nigel Farage. Ce dernier est en tête des sondages d’opinion depuis plusieurs mois et compte capitaliser sur l’impopularité de l’exécutif pour engranger de nouveaux succès aux élections locales de mai prochain.
« Si nous réussissons [lors de ce scrutin], nous continuerons sur notre lancée et remporterons les élections » législatives – prévues au plus tard pour 2029 –, a lancé mercredi l’ancien champion du Brexit à l’occasion de son message de Nouvel An.
Le précédent gouvernement, celui conservateur de Rishi Sunak, avait promis, sans succès, d’« arrêter les bateaux ». Keir Starmer s’est, quant à lui, engagé à « démanteler les gangs » de passeurs, sans plus de résultats jusqu’à présent.
Des mesures restrictives
L’exécutif travailliste a annoncé une série de mesures restrictives en matière d’immigration et de droit d’asile, alors que les demandes d’asile ont atteint un niveau record, plus de 110 000 sur la période octobre 2024-septembre 2025.
Il a conclu l’été dernier avec la France un accord consistant à renvoyer vers ce pays les migrants arrivés par small boats, en échange de l’accueil par le Royaume-Uni, dans le cadre d’une voie d’admission légale, de migrants se trouvant sur le territoire français.
Ce mécanisme, contesté par les organisations de défense des droits humains, n’a pour l’instant pas dissuadé les candidats aux traversées. Il a jusqu’ici débouché sur le retour forcé vers la France de 153 personnes et l’admission par le Royaume-Uni de 134 autres, selon les chiffres communiqués mercredi par le Home Office.
« Nous réformons notre système d’immigration pour faciliter le renvoi de migrants illégaux qui n’ont pas le droit d’être ici », a écrit le secrétaire d’Etat chargé de la sécurité des frontières, Alex Norris, dans un communiqué transmis à l’AFP. « Notre message est clair : si vous essayez de revenir au Royaume-Uni, vous serez renvoyé », a-t-il ajouté.
Les arrivées par petits bateaux, qui ont commencé à être comptabilisées en 2018 (il y en avait alors moins de 300), ont connu un pic en 2022, avant de décroître en 2023 puis de repartir à la hausse en 2024 (36 816).
Les personnes qui font ces traversées sont pour près des trois quarts des hommes de plus de 18 ans. Leurs principaux pays d’origine sont l’Erythrée, l’Afghanistan, l’Iran, le Soudan et la Somalie, selon des données du ministère britannique portant sur la période octobre 2024-septembre 2025. Depuis 2018, 95 % de ces personnes demandent l’asile, qui leur est accordé dans les deux tiers des décisions rendues à leur égard.
Le gouvernement est sous pression, après un été marqué par des manifestations devant des hôtels hébergeant des demandeurs d’asile. Et en septembre, le militant d’extrême droite Tommy Robinson a organisé à Londres une manifestation d’une ampleur inédite, rassemblant jusqu’à 150 000 personnes.















