Ding, ding, ding, ding… C’est non sans émotion que Leslie Villiaume, maître artisan d’art, horlogère du château de Versailles, écoute tinter la pendule exposée au centre de son atelier. Un chef-d’œuvre d’horlogerie réalisé pour Louis XV par l’ingénieur mécanicien du roi, Claude-Siméon Passemant (1702-1769), sur lequel la jeune femme travaille depuis plusieurs mois au troisième étage du Grand Commun, bâtiment jouxtant le palais et réservé au personnel.
Délestée du coffrage en bronze doré, le mécanisme d’une extrême complexité mis à nu, la pendule fait de nouveau entendre son carillon, après des décennies de silence. Et ce moment est vécu comme un événement par l’équipe de restaurateurs – une dizaine – qui a accompagné ce retour à la vie. « On est soulagés, reconnaît Leslie Villiaume. Ce n’était pas gagné, car rien sur cette pendule ne fonctionne de manière habituelle. C’est très perturbant. »
Dans l’atelier aux murs garnis de boîtes portant chacune une étiquette où s’affichent des noms mystérieux – clé de Morand, clé de Robin, pannetons, mandrins, équarrissoirs – l’horloge, tout en dorures, accapare les rayons du soleil automnal. L’objet, entièrement constitué de métaux, revient de loin : avant l’entreprise de restauration, dite « fondamentale » (elle implique un démontage complet), menée à Versailles, mais aussi dans les ateliers du Centre de recherche et de restauration des musées de France, à Paris, financée grâce au mécénat de Rolex France, celui-ci présentait un état d’encrassement et d’empoussièrement important.
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