Selon les autorités locales en Ituri à l’est de la RDC, ils sont environ 40 000 réfugiés sud soudanais installés dans le territoire d’Aru le long de la frontière entre les deux pays. Ils ont fui les combats entre l’armée sud soudanaise et le groupe rebelle du Front du salut national NAS, le Nas, dirigé par un ancien général de l’armée, Thomas Cirillo. C’est ce qu’explique à Alexandra Brangeon de RFI le professeur Adolphe Chober Agenonga, chercheur au groupe de recherche Ebuteli.
Pour le député provincial d’Ituri Ezechiel Bati Muki, leur présence le long de cette frontière est source d’insécurité et de tensions. « Ils s’installent juste le long de la frontière et ils vont faire des navettes chez eux pour faire des achats et ainsi de suite. Ça crée une sorte de tension entre les deux États, parce que le gouvernement sud soudanais estime que ceux qui sont venus s’installer seraient des rebelles et par conséquent, ils viendraient de temps en temps pour faire des incursions et lancer des menaces d’attaque ».
Ces incursions de l’armée soudanaise et de rebelles en territoire congolais sont devenues rares, mais posent un problème d’intégrité territoriale, souligne le porte-parole de l’armée congolaise en Ituri, le lieutenant Jules Ngongo. « Ça fait au moins plus de quatre ans que nous n’avons pas enregistré au quotidien des attaques, soit de l’armée sud soudanaise, soit des rebelles du Nas, sous prétexte de venir chercher les rebelles dans les sites de déplacés. À chaque fois qu’il y a eu cette situation, les forces armées congolaises ont réagi. Nous avons enregistré plusieurs cas de ce genre, où l’armée a riposté. Ils étaient tous en débandade et ils ont pris la fuite ».
Pour les autorités locales, il a donc urgence à délocaliser ces réfugiés. Elles appellent le gouvernement de Kinshasa à mettre en place des infrastructures loin de la frontière.
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