- Le Sénat a adopté dimanche, dans le cadre de l’examen du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, une mesure visant à encadrer la médecine esthétique.
- Injections, botox, implants… elle recouvre de nombreuses pratiques qui se distinguent de la chirurgie esthétique.
- L’ordre estime que près de 10.000 médecins s’y adonneraient aujourd’hui en France.
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Lecornu II : le nouveau gouvernement à l’épreuve du budget
Le Sénat a adopté dimanche, avec le soutien du gouvernement, une mesure visant à encadrer la médecine esthétique, en soumettant sa pratique à une autorisation de l’ordre des médecins compétent. Cette mesure a été adoptée dans le cadre de l’examen en première lecture du projet de budget de la Sécurité sociale pour 2026, dont le parcours législatif n’est pas encore terminé.
Lors de l’examen à l’Assemblée nationale, un amendement avait été adopté pour soumettre la pratique de la médecine esthétique à une autorisation de l’Agence régionale de santé (ARS), délivrée pour cinq ans renouvelables. Mais les sénateurs ont adopté un amendement visant à plutôt donner la main à « l’ordre compétent »
pour délivrer cette autorisation.
Cette solution est issue de discussions entre le gouvernement et le Conseil national de l’ordre des médecins (Cnom), a précisé la sénatrice LR Corinne Imbert, rapporteure d’une partie du texte.
Cette mesure pour « mieux encadrer »
la médecine esthétique « est une première pierre. Il va falloir en mettre d’autres »
, a déclaré la ministre de la Santé Stéphanie Rist. « Nous allons poursuivre les travaux puisque nous devons travailler sur la qualité, la sécurité, la formation et la régulation de cette médecine. »
De quoi parle-t-on ?
La médecine esthétique fait référence à « un ensemble de techniques de soins médicaux spécifiques, sans chirurgie, destinés à améliorer les problèmes disgracieux, liés ou pas aux effets du vieillissement, du corps ou du visage. La médecine esthétique cherche donc à améliorer l’apparence »,
peut-on lire sur le site de l’Association Française de Médecine Esthétique et anti-âge (nouvelle fenêtre) (AFME). Elle s’adresse aussi bien aux hommes qu’aux femmes « qui souhaitent gommer leurs complexes avec une méthode douce et souvent progressive »,
est-il précisé.
Évoquant des résultats « naturels, rapides »
et une « douleur minime »
, l’association souligne que la médecine esthétique ne nécessite « pas d’anesthésie générale donc pas d’hospitalisation »
, les soins étant effectués au sein du cabinet du médecin esthétique. Les actes concernés sont dits « peu ou non invasifs »
car ils ne concernent que le derme, à savoir la peau et sa sous-couche de graisse, précise-t-elle encore, listant un certain nombre d’indications courantes pour le visage, le cou, le décolleté et le corps.
Quelles pratiques concernées ?
La médecine esthétique, qui se distingue donc de la chirurgie esthétique, recouvre de nombreuses pratiques. « Elle emploie volontiers les techniques d’injections, d’exfoliation, et divers agents physiques comme la lumière, les lasers, les rayonnements électromagnétiques, le froid intense, les ultrasons, etc. »
, illustre encore l’AFME.
Ainsi, tandis que le remodelage des pommettes ou de la bouche sera souvent effectué avec des injections d’acide hyaluronique, les traitements des rides passeront notamment par le Botox et ceux pour le corps pourront induire des rhinoplasties non chirurgicales ou des liposuccions sans bistouri.
Quelle formation et combien de médecins concernés ?
La disposition adoptée ce dimanche par les sénateurs prévoit par ailleurs qu’un décret définisse des conditions en termes de « qualification initiale, de formation et d’expérience professionnelle requises pour la pratique de ces actes ».
Ainsi, une durée d’exercice préalable en médecine curative pourra être requise, afin d’éviter que de jeunes médecins se consacrent d’emblée à cette activité, très rémunératrice.
L’objectif est de « lutter contre la fuite des médecins vers la médecine esthétique »,
a souligné la sénatrice PS Annie Le Houérou. « Aucun registre officiel des médecins spécialisés dans les interventions esthétiques n’existe actuellement et cela mine le maillage territorial de notre système de soins »,
a-t-elle ajouté.
L’ordre estime que près de 10.000 médecins s’adonneraient à la médecine esthétique en France, quoique ce nombre soit difficile à évaluer, selon un rapport du Sénat accompagnant le projet de budget de la Sécu.










