- Alors qu’Edouard Philippe fait encore la course en tête à droite et que Gabriel Attal s’est officiellement lancé dans la bataille, Bruno Retailleau a cherché aujourd’hui à mobiliser ses troupes.
Suivez la couverture complète
Élection présidentielle 2027 : la course aux candidatures est déjà lancée
Le ton est martial, le discours se veut empreint de gravité. « On n’a pas le droit de se planquer ! »,
lance Bruno Retailleau aux parlementaires réunis ce mercredi midi au siège des Républicains. Debout dans la cour du bâtiment malgré la chaleur, ils sont environ 80, entassés dans un coin d’ombre, à l’écouter attentivement. Le candidat poursuit : le parti historique de la droite française se doit d’exister dans cette présidentielle, autrement « ce serait un crime contre la France »,
sonne-t-il avec gravité.
Après l’entrée en campagne énergique de Gabriel Attal, et alors qu’Édouard Philippe semble accélérer le rythme, le Vendéen se doit à son tour de mobiliser ses troupes.
Au QG de LR, l’ancien Premier ministre Michel Barnier est présent, de même que le président du Sénat Gérard Larcher. Sans surprise, Laurent Wauquiez a boudé le rendez-vous. Pourtant les relations se sont réchauffées entre les deux hommes. Le député de Haute-Loire, largement battu il y a un an lors de l’élection à la présidence du parti, a récemment déclaré que « Bruno Retailleau était le candidat légitime des Républicains »
.
Très heureux d’avoir rassemblé les parlementaires LR ce matin. La campagne présidentielle qui démarre sera décisive pour l’avenir de notre pays. Ensemble nous mènerons la bataille dans chaque département. Rendez-vous le 20 juin au parc Floral ! pic.twitter.com/w7kYAvoDmM — Bruno Retailleau (@BrunoRetailleau) May 27, 2026
Dans l’entourage de l’ancien ministre de l’Intérieur, la méfiance est toujours de mise : « Ils se voient régulièrement mais ça ne débouche sur rien. On ne voit pas clair dans son jeu. Il essaie le costume du rassembleur mais ça ne lui va pas »,
s’inquiète une proche de Bruno Retailleau.
Avec ou sans Laurent Wauquiez, le Vendéen n’a pas d’autre choix que de fédérer son camp. D’autant que d’autres cadres du parti contestent toujours son leadership et l’évidence de sa candidature : Xavier Bertrand, Jean-François Copé ou encore Valérie Pécresse. Alors, pour convaincre les récalcitrants, Bruno Retailleau tente de dramatiser l’enjeu : « 2027, c’est la présidentielle de la dernière chance. L’élection la plus importante depuis 1965 »,
déclame-t-il dans son discours d’une trentaine de minutes. « À l’époque, la France avait besoin de se relever économiquement. Là aussi on est à la croisée des chemins »
, traduit un proche du sénateur.
Il n’ira pas se vautrer à la présidentielle pour le plaisir de se vautrer
Il n’ira pas se vautrer à la présidentielle pour le plaisir de se vautrer
Un proche de Bruno Retailleau
Dans ces conditions, pas question pour l’ancien locataire de Beauvau de placer le pays entre les mains d’un ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron. En tout cas pas sans y être contraint par la force des sondages, et par la perspective d’un second tour qui opposerait Jean-Luc Mélenchon au candidat du Rassemblement national. « Une chose est sûre, si sa candidature ne décolle pas, il en tirera les conclusions. Et on n’attendra pas le 25 décembre »,
confie un député présent ce midi.
« Il n’ira pas se vautrer à la présidentielle pour le plaisir de se vautrer »,
nous confirme un proche de Bruno Retailleau. Il complète : « Si on veut donner une chance à une candidature commune, il faut faire ça tôt ».
Pour amorcer une dynamique, et convaincre enfin au-delà des siens, Bruno Retailleau tiendra un premier grand meeting de campagne, le samedi 20 juin au Parc floral à Paris.











