- Après Solar Impulse, le Suisse Bertrand Piccard s’attaque actuellement à un nouveau défi.
- En 2028, Raphaël Dinelli et lui tenteront un vol record de neuf jours autour du monde avec Climate Impulse, un avion alimenté par 22.000 litres d’hydrogène liquide.
- Olivier Santicchi nous fait découvrir cet appareil hors du commun.
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Quel futur pour demain ?
Bertrand Piccard avait fasciné le monde avec Solar Impulse (nouvelle fenêtre) qui marchait à l’énergie solaire. Il s’attaque à un nouveau défi, l’avion à hydrogène. Ils seront deux à tenter cette nouvelle aventure : le Suisse Bertrand Piccard et le Français Raphaël Dinelli, l’ancien navigateur notamment du Vendée Globe. Pour leurs vols autour du monde, sans escale et sans aucune émission, ils utiliseront leur trimaran des airs, le Climate Impulse. Il fait 36 m d’envergure, autant qu’un Airbus A320. Équipé de deux moteurs, il sera alimenté par d’énormes réservoirs de 22.000 litres d’hydrogène liquide, très hautement inflammable. Ils seront stockés à -253°C pour qu’ils ne se transforment pas en gaz. Sinon, les réservoirs se dilateraient et seraient quatre fois plus volumineux que ceux au kérosène aujourd’hui. Mais surtout, ce serait un danger mortel. Il suffit de se rappeler du dirigeable allemand Hindenburg près de New York en 1937.
Quand va-t-il décoller ?
En 2028, l’avion empruntera une route autour de l’équateur pour un vol record de neuf jours. Un voyage particulièrement inconfortable. À l’avant du Climate Impulse, le cockpit où les deux hommes se relaieront en permanence. Juste derrière, une banquette pour les courtes périodes de sommeil, environ 40 minutes à chaque fois. On trouve aussi une bouilloire pour préparer des plats lyophilisés. À l’arrière, des toilettes sommaires seront installées. Évidemment, il sera impossible de se déplacer, voire même de se tenir debout. Pour ne pas trop perdre de masse musculaire, l’équipage devra réaliser des exercices à l’aide de sangles élastiques.
Il manquera aux deux explorateurs 30% d’oxygène. Toutes ces données physiologiques seront transmises aux médecins de l’équipe depuis l’altitude de 3.000 m, le maximum pour respirer sans les systèmes jugés trop lourds de pressurisation et de chauffage.
Pour réussir, Climate Impulse ne devra pas trop dépasser les 6 tonnes et peut-être en faisant aussi l’impasse sur l’eau potable. Il faut 100 litres, soit 100 kilos, donc 11 packs de bouteilles. Comment ? C’est la magie de l’hydrogène. Sa combustion ne produit que de la vapeur d’eau, il suffit de la boire.
Pourquoi repartir ?
On le sait depuis le tour de la planète grâce à l’électricité il y a dix ans, la masse des batteries empêche d’embarquer les passagers, tout simplement. Il faudra donc des investissements faramineux. Bertrand Piccard et Raphaël Dinelli veulent embarquer pour convaincre toute la filière aéronautique grâce à leur exploit. Il serait vraiment sans précédent.




